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Temps politiques et temps scolaires - [Education et Devenir]
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C’était trop beau : des syndicats plutôt calmes et une rentrée que nous trouvions un peu molle. Tout semblait bien se passer. On commençait même à s’ennuyer… Mais la boîte de Pandore avait été ouverte dès l’été 2012…

En quelques jours, les médias se sont de nouveau emballés. Le sujet : les rythmes, ces fameux rythmes. Tous les arguments ont fleuri, des meilleurs aux plus spécieux. En embuscade l’opposition qui comme d’habitude fait feu de tout bois, après le mariage pour tous, pourquoi pas nos petits chérubins. Ne serait-ce pas le ministre Chatel qui avait commandé un rapport sur les rythmes ? Et Darcos n’avoue-t-il pas (tardivement) qu’on lui avait forcé la main pour la semaine de quatre jours ?

Que se cache-t-il derrière tout cela : une nouveauté majeure dans notre système éducatif : la journée scolaire n’est plus assurée par les seuls enseignants. UN territoire, en l’occurrence les collectivités territoriales s’occupent de l’éducation des enfants (ce qui n’est pas une nouveauté …).

Au-delà du rythme, le style compte. Les collectivités territoriales ont-elles été « mises dans la boucle dès le début » ? Les décisions verticales n’ont-elles pas créé d’inutiles frictions ? Ne paie-t-on pas aujourd’hui une absence de concertation et des réactions des enseignants qu’on n’a pas su mobiliser au bon moment ?

Comme toujours, lorsqu’on touche à l’éducation, toute réforme est complexe. Le changement des rythmes ne peut pas concerner la seule journée, il nécessite une refonte de l’année scolaire, mais aussi de nouveaux programmes (ouf, le Conseil Supérieur des Programmes est créé), une nouvelle formation et une nouvelle manière de travailler sur le terrain. Cette réforme ne réussira que si les différents intervenants qui s’occupent de nos enfants réfléchissent ensemble et adoptent des pratiques pédagogiques et éducatives communes au lieu de protéger leurs prés carrés. Des améliorations sont nécessaires, mais laissons le temps au temps, faisons confiance aux acteurs de terrain (pour une fois …) au lieu de crier haro sur le baudet.

Toutes ces protestations qui se font au nom des enfants masquent des intérêts non avoués qui sont souvent fort loin du bien-être des enfants.

Face à cette pluie de critiques, prenons de la distance, voyons aussi ce que cette réforme entraîne, quels sont les enfants qui peuvent enfin pratiquer des activités auxquelles ils n’avaient pas accès jusqu’alors. L’écart des inégalités se creuse, tous les experts le disent, pour une fois voilà une réforme démocratique qui rompt avec nos traditions jacobines. Il faut que nos politiques gardent le cap, ne fléchissent pas face aux tentatives de l’opposition qui ne cherche peut-être pas l’abrogation du décret, mais au moins des avantages financiers dans un contexte d’élections municipales tendues. L’obligation de réussite est là, sinon l’Education ne sera plus nationale (voir les projets de l’UMP).

Une réforme engagée par le petit bout de la lorgnette et un débat qui a masqué la tentative de refondation. Là aussi la question du rythme réformateur est cruciale !

Pour réussir une réforme de l’éducation, le consensus est nécessaire (cf. la Finlande, l’Allemagne, le Québec). La France ferait-elle exception ? On peut le craindre. Il n’empêche que nous devons continuer, car notre seul objectif est l’avenir des enfants dans un contexte d’égalité et d’accès démocratique à l’éducation.

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