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enquête de la DEPP sur le malaise enseignant - [Education et Devenir]
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Enseignants du 2nd degré en 2008 : un métier morcelé qui cherche une issue

La DEPP livre à nouveau une remarquable étude sur les enseignants du second degré, qui donnera bien des éclairages utiles à qui voudrait se pencher sérieusement sur l’état d’esprit, les forces et faiblesses du corps enseignant du second degré. Tant sur le sentiment des enseignants sur leur propre métier, que sur la perception qu’ils ont des élèves et de leurs difficultés.

Les graphiques sont issus de la publication de la DEPP

Carte d’identité
58% de femmes, 42% d’hommes, une origine sociale plus élevée que la moyenne de la société, cette photographie ne suprendra personne. Notons toutefois que 60% des parents d’enseignants n’avaient pas le bac. La moitié des enseignants pensent donc avoir une meilleure situation que leur père ou mère, mais un sur quatre que sa situation est moins bonne que la génération qui l’a précédé…
Exerçant très majoritairement dans un seul établissement scolaire (5% en en service partagé, 11% à temps partiel, majoritairement des femmes), les enseignants du second degré ont des carrières à étages : 22% ont moins de deux ans d’ancienneté dans leur établissement, 43% entre 3 et 9 ans, et 39% plus de dix ans.

Quelle représentation du métier ?
Lorsqu’on leur demande quel est le cœur de métier d’un enseignant du second degré, on ne s’étonnera pas qu’ils mettent en avant, très largement, la transmission de savoirs ou l’acquisition de compétences. L’accompagnement des élèves vient en troisième réponse, très loin devant l’insertion professionnelle ou l’orientation qui ne sont que très faiblement citées. Chiffre étonnant, ils sont 80% à considérer que l’accompagnement et la formation de collègues font partie du métier d’enseignant, même s’ils ne sont qu’un tiers à y consacrer effectivement du temps.


Le travail en équipe semble être un autre aspect du métier, pour plus d’un sur deux, qui s’imaginent plus souvent en équipe disciplinaire qu’en interdisciplinaire, initié davantage par les collègues (88%) que par les chefs d’établissements (53%) ou les corps d’inspection (42%). Dans les différents aspects du travail collectif, c’est la discussion sur les méthodes pédagogiques qui est la plus citée, la production en commun des cours ou des évaluations étant beaucoup plus rare (4 à 7%). Pourtant, le travail en équipe est jugé efficace pour presque la moitié de ceux qui le pratiquent.
A contrario, les raisons invoquées par ceux qui préfèrent travailler en solo n’étonneront pas : dans l’ordre de fréquence, manque de temps, volonté d’être autonome, manque d’habitude ou d’animateur… « Les emplois du temps ne sont pas compatibles » citent comme obstacle plus de la moitié de ceux qui travaillent seuls.

Les conditions de travail
Concernant les conditions de travail, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, plus d’un sur deux estiment pouvoir travailler dans l’établissement dans une salle jugée correcte, les deux tiers avoir accès à un ordinateur connecté à Internet, presque un sur deux à un téléphone. Mais la plupart utilisent leur matériel personnel (téléphone, ordinateur, imprimante, scanner) à la maison.
Les heures supplémentaires rémunérées sont évoquées dans le questionnaire. Un enseignant sur deux n’en touche aucune, et un quart entre une et deux, essentiellement en HSE (heure supplémentaire année). 30% déclarent avoir été incités à en réaliser davantage par la défiscalisation des heures supplémentaires, mais 50% déclarent le refuser absolument.

Le travail hors de la classe est évalué par l’enquête à 20,5 heures hebdomadaires, dont un peu moins de 9 h de préparation, 5 de correction de copies, 2 de suivi individuel des élèves, 3 de réunions avec les parents, les enseignants ou les réunions institutionnelles. Ce temps déborde sur les petites vacances (de deux à trois jours en moyenne) et sur les grandes (environ 9 jours). Mais un enseignant sur deux a une semaine de cours répartie sur quatre jours.

Un métier perturbé
La charge de travail est jugée en augmentation par 80% des enseignants, du fait de l’hétérogénéité des élèves qui demande plus d’investissement, mais aussi du « manque de concentration ou de travail des élèves » qui fatigue pendant le cours. Un sur trois estime qu’on leur demande trop de travail « éducatif » ou de temps de travail dans l’établissement.

La classe qui tient, malgré tout
L’enquête s’intéresse également à la manière dont se passe le cours. Dans un cours de 55 mn, le temps de « mise au travail » (se mettre en rangs, aller à sa place, sortir son matériel, faire silence…) est estimé à environ 6 mn, les temps de « suspension » pour rappels à l’ordre à 4 mn, ce qui permet aux enquêteurs d’estimer le temps réel du cours à 44 mn.

Les représentations que les enseignants ont des élèves sont décrites assez précisément, même si on peut considérer que les formulations de question puissent induire les réponses : s’il fallait faire un portrait type, l’enseignant pense que 55% de ses élèves travaillent pour passser dans la classe supérieure et réussir aux examens, qu’environ un tiers seulement s’intéresse à sa discipline, qu’une bonne proportion est trop passive, ou ne s’intéresse pas assez au cours. Fait marquant cependant, un enseignant sur deux déclare que tous les élèves sont motivés et qu’aucun ne perturbe la classe…
Quelles causes aux difficultés des élèves ?
Concernant l’origine des difficultés des élèves, les réponses sont très partagées : entre 20 et 50% des élèves ont, aux yeux des enseignants, des difficultés qui les empêchent de travailler correctement à l’Ecole, essentiellement dues aux familles désunies (cité par 60% des enseignants), à l’absence d’intérêt des familles pour l’Ecole (cité par 30%), les difficultés économiques (cité par 23%). Comme d’habitude dans les enquêtes d’opinions des enseignants, les raisons évoquées par la recherche, notamment les malentendus dans le sens donné aux activités scolaires par certains élèves, n’est pratiquement pas cité dans les réponses.

Le malaise enseignant : des origines multiples, mais une demande claire
Mais c’est sur leur propre sort que les opinions sont les plus tranchées : 93% estiment que le « malaise enseignant » existe, du fait de l’absence de reconnaissance professionnelle (48% le citent en 1), des conditions de travail (36%), ou des conditions de rémunération (11%). Ils reconnaissent avoir du mal à faire travailler ensemble des élèves de niveau hétérogène (73% toutes réponses confondues), à atteindre les objectifs prévus (54%), à individualiser l’enseignement (46%).
A l’inverse, l’insertion dans le travail d’équipe ou le projet d’établissement sont très rarement cités. 30% envisagent de cesser d’enseigner dans les 10 à 15 ans à venir, soit pour quitter l’enseignement (un sur cinq envisage d’aller vers une entreprise privée), soit pour intégrer l’Université ou la formation.
L’autonomie grandissante des établissements, l’évolution des nouveaux programmes, Internet « participent à l’évolution du métier ».
Comme dans tous les sondages réalisés depuis plusieurs années sur cette question, la réduction des effectifs par classe est plébiscitée (72%), même si la revalorisation des salaires (48%) ou l’amélioration de la formation continue (24%) sont aussi citées.
Mais le contact avec les élèves (83%) et le « plaisir d’enseigner sa discipline » (73%) restent le moteur du métier, devant la transmission des connaissances et l’autonomie professionnelle (42%)

Un même métier ?
Un des résultats les plus surprenant est que 93% considèrent que le « métier d’enseignant » n’est pas le même selon sa situation professionnelle, le type d’établissement, le recrutement social, le niveau d’âge. Rien ne semble moins ressembler à un établissement qu’un autre établissement. Une longue liste de « verbatim » est adjointe au rapport, avec des paroles d’enseignants, dans lesquelles il est certain que vous retrouverez sans doute le portrait qui se rapproche le plus de vous…

Enquête réalisée par la DEPP et publié dans le dossier n° 194 "Enseigner en collège et lycée en 2008"
Etude réalisée par Patricia Gambert et Jacques Bonneau de la société TMO-Régions à la demande de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP).

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