Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /home/users5/r/rebaudclaude/www/eduETdev_fr/config/ecran_securite.php on line 245
Après Jean Zay - [Education et Devenir]
logo ED
slider slider slider slider slider

L’hystérie médiatique et en partie collective qui s’est emparée du monde éducatif ces dernières semaines est calmée ! Passons à autre chose… Oublions l’essentiel, à savoir que notre système éducatif aggrave les inégalités sociales.
Dans ce contexte, l’hommage rendu à Jean Zay, au Panthéon pourrait paraître artificiel. La République lui rend enfin les honneurs qu’il méritait. Jean Zay en partie tombé dans l’oubli, seul ministre que le régime de Vichy s’est permis d’assassiner.
Qu’écrivait-il lors de ces longs mois d’emprisonnement qui l’ont conduit à être abattu dans un fossé aux environs de Vichy en juin 1944 ? « Souvenirs et Solitude » témoigne de son engagement et de son ambition démocratique face à l’école.
Il cite un extrait de la revue des Deux Mondes de 1872, sur les réformes de l’enseignement secondaire et l’introduction des langues vivantes qui entrainait la suppression du discours latin et de la composition latine !
« Quant à ceux qui jettent un cri d’alarme … et déclarent la culture intellectuelle perdue en France, c’est une exagération tellement évidente qu’on ne peut l’expliquer que par la passion politique …. Toucher à l’éducation sans besoin et par système, c’est témérité ; mais y toucher sous l’empire d’une nécessité impérieuse, c’est prudence et sagesse. » Et Jean Zay d’ajouter à propos du projet de réforme de l’éducation de 1937 « On proclama, cette fois encore « la culture intellectuelle perdue », on cria à l’assassinat des humanités ».
Cette sinistre comédie s’est encore une fois rejouée, espérons seulement que cet épisode ne figurera pas dans les futurs livres d’histoire.

Pendant ce temps, Marie-Aleth GRARD et Jean-Paul DELAHAYE ont jeté un pavé dans la mare des esprits bien-pensants : 2 millions d’enfants sont en situation de grande pauvreté, un enfant sur cinq est pauvre ; en 10 ans, la situation s’est profondément dégradée. Le constat dressé sur la position de l’école face à cette évolution est impitoyable : stigmatisation accrue, médicalisation des handicaps sociaux, problèmes de santé qui s’aggravent, baisse des fonds sociaux. En SEGPA, 84% des enfants sont issus des milieux populaires.
Et pour finir, à l’issue de la conférence de comparaisons internationales organisée par le CNESCO sur la mixité sociale, scolaire et ethnoculturelle à l’école, deux images sont à retenir : Michel LUSSAULT, président du CSP affirmant que la diversité sociale et culturelle est une valeur ajoutée à nos sociétés, que nous sommes des acteurs de production de commun et que nous devons changer nos références en matière de réussite scolaire ! Et Nathalie MONS, en conclusion du colloque, nous alertant sur le fait que nous sommes atteints d’une « cécité collective » face à l’accélération de la ségrégation.

« Quelle société préparons-nous si nous ne parvenons pas à faire vivre ensemble… toute la jeunesse d’un pays dans sa diversité. On se paye de mots avec le « vivre ensemble », si on ne travaille pas au « scolariser ensemble ». Le Monde 3 juin 2015. Marie-Aleth GRARD et Jean-Paul DELAHAYE.

Nous vous souhaitons un bel été de réflexions !

barre

ACCES DES ADHERENTS

se connecter

(accès privilégié à nos
cahiers et publications)

MENTIONS LEGALES