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"Le Cnesco a trouvé sa place" dans le paysage de l’évaluation, estime sa présidente Nathalie Mons - [Education et Devenir]
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Interview réalisé par l’AEF, publié avec l’aimable autorisation de La Ligue de l’enseignement – 8 décembre 2015

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Nathalie Mons, professeur de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise

Du côté des praticiens du terrain, le Cnesco est reconnu et accepté car il ne propose pas des préconisations ’en chambre’ ou ’hors sol’ mais des recommandations qui sont étayées scientifiquement", déclare à AEF Nathalie Mons, la présidente du Cnesco, à l’occasion de la publication de son premier rapport d’activité le 7 décembre 2015. Depuis son installation en janvier 2014, le conseil a produit notamment 8 rapports, organisé 2 conférences de consensus et mené 5 évaluations pour la Commission européenne. En ayant "une approche scientifique et internationale des sujets", le Cnesco a "trouvé sa place dans le paysage de l’évaluation", affirme sa présidente. Pour elle, le Cnesco va permettre de "faire bouger les pratiques" sur le terrain. Nathalie Mons évoque également les relations du Cnesco avec les autres instances de l’Éducation nationale et présente son programme de travail pour 2016.

AEF : Près de 2 ans après l’installation du Cnesco en janvier 2014, quel bilan faites-vous ?
Nathalie Mons : En moins de deux ans, le Cnesco a conduit de nombreuses activités (8 rapports, 2 conférences de comparaisons internationales, 2 conférences de consensus, 2 conférences virtuelles, 3 notes d’actualité, 5 évaluations pour la Commission européenne etc.) autour de thématiques majeures : le redoublement et ses alternatives pour lutter contre la difficulté scolaire, les mixités scolaires et sociales à l’école, l’apprentissage des mathématiques au primaire, la citoyenneté à l’école, l’évaluation des élèves dans la classe par les enseignants.
Dans un paysage de l’évaluation assez riche avec les inspections générales, la Depp, etc., le Cnesco a trouvé sa place. Il y avait une vraie attente des acteurs et des décideurs du système éducatif d’une évaluation scientifique et indépendante des politiques publiques et des pratiques pédagogiques et il manquait une instance qui mette à disposition des éléments de la recherche. Le Cnesco s’est positionné en ce sens, en ayant une approche scientifique et internationale des sujets.
Les missions du Cnesco
Créé par la loi du 8 juillet 2013 sur la refondation de l’école, le Cnesco a pour missions :
• d’évaluer le fonctionnement du système scolaire et ses résultats ;
• d’évaluer les méthodologies mises en œuvre par les évaluateurs internes au ministère de l’Éducation nationale et celles mises en œuvre par les organismes internationaux ;
• de diffuser les résultats des évaluations des élèves, des dispositifs scolaires et des politiques scolaires.
Un réseau de quelque 65 "chercheurs associés" a été mobilisé, dès la première année de vie du Cnesco pour évaluer scientifiquement par exemple le coût du redoublement, mettre en évidence la très grande variété des politiques locales de lutte contre la difficulté scolaire dans les académies, révéler pour la première fois l’ampleur des phénomènes de ségrégation dans l’école française, analyser les contenus très variables des manuels de mathématiques, etc.

AEF : Quel est l’impact de vos travaux ? Sont-ils pris en compte par les praticiens de terrain et les pouvoirs publics ?
Nathalie Mons : Du côté des praticiens du terrain, le Cnesco est reconnu et accepté car il ne propose pas des préconisations "en chambre" mais des recommandations qui sont étayées scientifiquement. Une évaluation "hors-sol" sans connaissance approfondie des contraintes des acteurs de terrain, une "évaluation-sanction" ou "l’expert évaluateur-gendarme" ne permettent pas de faire bouger les pratiques des acteurs de terrain comme l’ont montré de nombreux échecs d’instances d’évaluation à l’étranger. Le Cnesco a misé sur des dispositifs participatifs qui permettent de créer un dialogue avec toutes les parties prenantes de l’école autour des résultats des évaluations et de la recherche, afin d’élaborer des recommandations partagées. Je constate en outre que les acteurs de terrain répondent immédiatement présents lorsque nous les sollicitons pour nos enquêtes ou nos conférences de consensus.
Côté pouvoirs publics, l’ouverture internationale du Cnesco appuie également sa légitimité et certaines recommandations, aux côtés d’autres rapports, comme le rapport de Jean-Paul Delahaye par exemple, ont pu inspirer des pistes de travail gouvernementales. Nous nous retrouvons ainsi avec le ministère sur la nécessité de développer des expérimentations sur les politiques locales de mixité sociale et scolaire à l’école. De même, nous convergeons sur l’accent à mettre sur l’accompagnement et l’adhésion des parents. Ces options sont issues de nos préconisations établies à partir d’un dialogue avec des décideurs et des experts étrangers ayant mené des politiques de mixité efficaces (États-Unis, Belgique, Angleterre, etc.).
Le Cnesco joue aussi le rôle d’un lanceur d’alerte car il soulève les questions centrales pour l’école, ça a été le cas par exemple du sujet de la mixité sociale, que nous avons ouvert.

AEF : Le député Yves Durand, président du comité de suivi de la loi Refondation de l’école, a estimé en octobre 2014 qu’il fallait "redéfinir et préciser les missions" du Cnesco. Qu’en pensez-vous ?
Nathalie Mons : La reconnaissance du travail et de l’expertise du Cnesco est devenue depuis nationale et, même européenne. En 2015, le Cnesco est devenu évaluateur des politiques scolaires françaises pour la Commission européenne, ce qui est un travail passionnant et nous ouvre plus encore sur l’international.

AEF : Quelles sont vos relations avec les autres instances de l’Éducation nationale ?
Nathalie Mons : Tout le travail réalisé par le Cnesco ne serait pas possible sans des partenaires comme Canopé, l’ESENESR ou le réseau des Espé par exemple, car ils permettent de diffuser les productions du conseil. Par exemple, Canopé a réalisé un recueil sur le redoublement à partir de la conférence de consensus que nous avons menée, le réseau Espé utilise les résultats du Cnescodans ces écoles. Nous avons ce souci que nos productions soient utiles et utilisées. L’ESENESR, en partenariat avec Canopé, produira au premier trimestre 2016 un dossier de ressources sur le redoublement. Et je souhaite élargir nos partenariats aux rectorats.

AEF : Quel est votre programme de travail pour 2016 ?
Nathalie Mons : Au premier trimestre, le Cnesco va traiter le sujet des inégalités scolaires d’origine sociale, puis l’inclusion des élèves en situation de handicap, la lecture experte et l’apprentissage de la citoyenneté.
Au deuxième trimestre, nous examinerons la question de l’attractivité des métiers de l’éducation, des inégalités territoriales, la comparaison méthodologique des études internationales TIMMS et Pisa, la place des parents à l’école et l’enseignement professionnel.

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