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Appel à contribution et problématique du futur cahier "les parents, la famille, l’élève et l’école" - [Education et Devenir]
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Appel à contribution pour un cahier d’Education & Devenir.

Présentation de la problématique du cahier :

Les relations entre l’école française et les parents ont une histoire ancienne et complexe. Les représentations qui perdurent sont aujourd’hui encore un obstacle à la mise en œuvre d’une coéducation.

L’école en France, du moins l’école républicaine, s’est construite « contre » : la création de l’école gratuite, laïque et obligatoire répond à une double volonté de la IIIe République : créer une nation de citoyens favorables à la République, des citoyens rompant avec la posture de sujets du Roi, mais aussi limiter l’influence sur les familles de l’église catholique qui les empêchait d’adhérer pleinement à la République naissante

Il en résulte méfiance, incompréhension réciproque : toute intervention des parents dans le système est vécue comme une intrusion, Les parents sont « convoqués » à des réunions d’information ; ils écoutent et s’expriment très peu… Les conseils de classe de ce point de vue sont souvent des caricatures.

Tant que l’école était la seule source de savoirs, les parents acceptaient tant bien que mal la distance entre les compétences à mettre en œuvre dans le monde et le contenu des apprentissages. On confiait tout de même son enfant au maître avec confiance et respect. L’école était un filtre, mais les enfants qui ne poursuivaient pas leurs études trouvaient sans difficultés une place dans la société.

La relation

Mais depuis cinquante ans, la relation entre l’école et les familles a changé : école obligatoire jusqu’à 16 ans, massification rapide plus que démocratisation, creusement des inégalités sociales par une école ségrégative et inégalitaire malgré toutes les réformes entreprises. Or l’école est non seulement obligatoire et souhaitable d’un point de vue démocratique, mais elle est nécessaire d’un point de vue social et économique, tout en générant de la part de l’ensemble des parents une réelle angoisse pour l’avenir de leurs enfants.

Par ailleurs les contextes familiaux changent. Tous les chercheurs mentionnent le fait que l’enfant devient le pivot des familles. La famille elle-même s’est transformée (traditionnelle, recomposée, homoparentale…) avec la naissance d’enfants désirés et non plus subis !

Le parcours scolaire dont dépend plus étroitement l’avenir professionnel est un enjeu majeur pour les parents. On comprend alors le besoin de participation et de dialogue. Cette évolution est renforcée par la montée de l’individualisation dans la société française et se traduit parfois par des comportements plus revendicatifs de la part de certains parents ; comportements qui font obstacles à leur tour à un dialogue serein et constructif.

Rajoutons à cela l’écart des richesses dans une société devenue très inégalitaire, la réémergence d’une frange de la population très pauvre et désarmée face aux demandes de l’école, la permanence de quartiers très défavorisés où la mixité sociale n’existe pas, et la lente transformation d’une société française multiculturelle dans laquelle différents problèmes apparaissent : populations allophones, représentations de certaines familles très éloignées du modèle dominant de réussite scolaire.

Le tout donne un ensemble très contrasté :
-  Nous pouvons dire, de manière un peu provocante, que les parents restent à la porte de l’école : le matin, lorsqu’ils amènent leurs enfants, mais aussi à la porte du système … Et contrairement aux idées reçues, tout parent est attentif au parcours scolaire de son enfant, mais à sa manière qui n’est pas toujours celle que l’école attend.

 Les parents et les familles sont relativement présents au niveau de l’école primaire : proximité physique de l’école - interlocuteur unique, ce qui favorise la confiance entre les uns et les autres. En revanche l’arrivée au Collège (un nom différent, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays européens …) distend les liens pour les mêmes raisons, auxquelles s’en ajoutent d’autres : l’enfant devient un adolescent et n’aime pas trop que ses parents s’intéressent de très près à ses études, complexité de la demande scolaire, multiplication des interlocuteurs, gêne des parents…
 En outre, les processus d’orientation font peu de cas des demandes des familles ou des enfants surtout lorsque celles-ci ne sont pas en adéquation avec l’avis du système, et ce, malgré les quelques tentatives récentes de faire en sorte que les familles puissent vraiment choisir.
 Les représentations négatives sont en plein essor et sont relayées par les grands médias : « ça sert à rien d’aller à l’école », augmentation des scolarisations à domicile, en particulier dans les banlieues où certains parents refusent que tel ou tel enseignement soit dispensé, écoles « parallèles » pour des parents des classes moyennes supérieures.
 Les autres sources de savoirs et de connaissances peuvent relativiser le rôle de l’école pour certains d’autant plus que les exemples médiatisés d’ascension ou de « réussite sociale et professionnelle » ne s’appuient pas sur la réussite scolaire.
 D’autres structures proposent, face à l’opacité du système éducatif, un soutien scolaire onéreux et qui peut répondre à l’angoisse des parents les plus favorisés.

En bref, la coéducation s ‘exprime de façon trop marginale ou anecdotique sur le terrain et les exemples de réussite ne sont pas suffisamment valorisés.

Et pourtant, l’entente entre l’école, les familles et l’élève est la clef de sa réussite à l’école mais aussi dans sa vie personnelle, dans la mesure où les relations de l’école avec famille influencent le jeune de façon majeure.

Education & Devenir a, depuis sa création, milité pour une véritable coéducation :
Notre Charte exprime clairement que l’éducation est une responsabilité partagée et que le monde éducatif ne peut rien faire s’il n’a pas la confiance des parents ;

Tous nos colloques récents : Culture(s) à l’école : un enjeu pour l’égalité, janvier 2013 ; Faire confiance : une nécessité pour l’école et ses acteurs, janvier 2014 ainsi que nos Publications sont témoins de la coéducation que nous prônons.
Par ailleurs la loi sur la Refondation de l’école est également claire sur ce point :
« il s’agit de veiller à ce que tous les parents soient véritablement associés aux projets éducatifs … il s’agit d’accorder une attention particulière aux parents les plus éloignés de l’institution scolaire par des dispositifs innovants et adaptés ».
Le rapport sur la grande pauvreté rendu en 2015 par Jean- Paul Delahaye aboutit aux mêmes conclusions.
Les avancées sont timides : expérimentation en 3e dans quelques collèges, sur le choix final donné aux familles en matière d’orientation.

Quels sont selon nous, les fondements d’une véritable coéducation ou éducation partagée ?

Au départ, respect, confiance, bienveillance réciproques sont essentiels. Le dialogue n’existe qu’à ce prix-là. Les interlocuteurs - école et parents- ont des connaissances sur l’enfant, et la coopération entre ces savoirs est la base du parcours scolaire d’un enfant. Rien ne changera si ces comportements n’existent pas. Il est plus facile de rédiger une circulaire que de changer les mentalités ou les comportements. Accepter des efforts conséquents exige une prise de distance difficile quand intervient l’affect. L’une des clefs réside peut-être dans des recherches, réflexions et pratiques conjointes associant parents et école.

Dans une société aussi variée que la nôtre, l’attention doit se porter sur les parents allophones ou « issus » de l’immigration.
 Comment éviter de parler à leur place ?
 comment faire émerger leurs inquiétudes, leurs demandes, leurs apports réels ?
 comment leur donner la parole ? (On sait, par ailleurs, qu’à CSP égale, les enfants « issus » de l’immigration réussissent aussi bien, voire mieux que les autres enfants) ?

Comment favoriser une véritable coéducation, sans attendre que le système nous propose des pistes ? N’y a-t-il pas sur le terrain plusieurs voies qui existent et peuvent se multiplier ? La réforme des rythmes scolaires avec la présence des PEDT peut favoriser l’émergence d’une communauté éducative où le rôle des parents peut être enfin reconnu.

A quel niveau du système scolaire les parents peuvent-ils intervenir ? Dans le suivi du parcours scolaire de leur enfant, mais pourquoi pas aussi dans le fonctionnement de l’école ou de l’établissement ?

Qu’en est-il de la place des parents dans le conseil d’école, dans les conseils d’administration, dans l’organisation de l’année ? Les parents peuvent ne pas être que des accompagnateurs de sorties scolaires... Regardons ce qui se passe ailleurs : au Québec, en Allemagne.

Comment rendre plus clair deux éléments essentiels du parcours scolaires des enfants qui suscitent souvent l’angoisse des familles : l’évaluation et les programmes qui devraient se transformer en curricula ? Dans les deux cas, explications, précisions données par les enseignants sont indispensables et doivent être pratiquées de manière systématique. Les parents peuvent très bien comprendre les exigences de l’école, s’ils en connaissent les objectifs !

L’école doit aussi communiquer sur les nouvelles technologies : que veut dire pour une famille lambda le terme « espace numérique de travail », le cahier de texte numérique ? Cela rapproche-t-il les familles de l’école ou pas ? Qu’est-ce que cela change ?

Voilà un certain nombre de questions, de pistes -certes incomplètes- qui peuvent ouvrir débats et discussions- auxquelles les rédacteurs de ce Cahier essaieront de répondre !

Pour toute contribution, merci de contacter :
Monique ROLLIN
Djibril GAHETE
Céline GUILLOT

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