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Rapport parlementaire sur le socle commun : à lire ! - [Education et Devenir]
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Des députés émettent 18 propositions pour « la mise en œuvre du socle commun au collège »

« Si le socle commun existe depuis 2005 dans le code de l’éducation, sa traduction concrète, dans le quotidien des classes, est loin d’être achevée. Pourtant, le temps presse : l’arrêté publié l’été dernier prévoit que le diplôme national du brevet sera délivré, à compter de la session 2011, aux élèves ayant validé le socle commun de connaissances et de compétence. » C’est le constat formulé par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur « la mise en œuvre du socle commun, de connaissances et de compétences au collège » dans un rapport dont AEF a eu copie, jeudi 1er avril 2010. Parmi ses 18 propositions, la mission propose d’expérimenter des « réseaux du socle commun » sur le modèle des RAR, de restructurer l’Igen autour de grands champs, d’instaurer la bivalence pour les enseignants ou encore de remplacer dès 2012 le diplôme national du brevet (DNB) par une attestation de compétences. Le rapport sera voté mercredi 7 avril par la commission des affaires culturelles et de l’éducation, avant d’être rendu public le lendemain.

La mission, menée par Jacques Grosperrin depuis le 17 novembre 2009 (AEF n°123871), a procédé à 35 auditions de personnalités (recteurs, inspecteurs généraux, historiens, sociologues) et d’organisations (syndicats, associations, organismes consultatifs). Ses membres se sont également déplacés dans des collèges, en particulier de l’éducation prioritaire.

Cinq ans après son adoption par le Parlement qu’en est-il du socle au collège ? Selon le président du HCE auditionné le 27 janvier, « malgré les poids et les freins existants, le mouvement est lancé, mais il n’est pas irréversible ». « Plus sévère », remarquent les députés, la FCPE estime que « le socle n’est pas porté par le ministère de l’Éducation nationale ».

Selon les députés, les difficultés du socle commun à exister s’expliquent aussi par celles du collège, « inefficace ou relativement inefficace pour près de trois quarts des élèves ». En effet, « le collège à la française « conçu comme un petit lycée, ne dispense pas des enseignements adaptés à 100 % d’une classe d’âge », écrivent-ils. Sans compter que le collège « n’a pas connu une croissance de ses moyens comparables à celle d’autres secteurs du monde éducatif ».

LE COLLÈGE, UN LIEU DE « SOUFFRANCE »

Par ailleurs, « les moyens considérables déployés ces dernières années pour lutter contre l’échec scolaire » se traduisent par une superposition de « structures particulières », à l’opposé de la logique « inclusive » prévue par le socle, regrette la mission. « À titre d’exemple, le module de découverte professionnelle six heures (DP6), majoritairement choisi par des enfants d’ouvriers ou d’employés, revient à envoyer, pour quelques heures, ces élèves en lycée professionnel. » De même, la mission pointe les « réelles faiblesses » de l’accompagnement éducatif : « Comment ne pas penser qu’en choisissant de ne pas intégrer cet accompagnement dans les missions des enseignants - et donc dans leur service - on affaiblira la portée d’un dispositif qui sera à ’géométrie variable’ ? »

Au final, le collège est « un lieu de souffrance », du côté des enseignants comme des élèves, notamment car « il est synonyme d’exclusion scolaire ». « Le socle commun aurait dû servir de boussole et de gouvernail au collège, le plaçant ainsi dans la voie du succès. Les vertus du socle devraient en effet être de nature à corriger sa ’trajectoire’ actuelle, si préoccupante », notent les députés, convaincus de l’importance d’une mise en œuvre rapide.

En effet, les députés parent le socle de « six vertus » :
- « responsabiliser l’école » ;
- « clore le collège unique en liant ce dernier à la scolarité obligatoire » ;
- « articuler connaissances et compétences » ;
- « envisager le premier et le second degré comme un continuum » ;
- « décloisonner les disciplines et les classes » ;
- « consacrer le savoir être » (compétences 6 et 7).

DES ÉVALUATIONS « TARDIVEMENT RENSEIGNÉES ET PEU FIABLES »

« Cinq ans après le vote de la loi du 23 avril 2005, que peut-on dire de la maîtrise du socle commun par les collégiens ? », s’interroge plus loin la mission. « À la fois pas grand chose - l’indicateur pertinent est si récent qu’il ne permet pas de mesurer, dans le temps, l’évolution des acquis des élèves - et beaucoup, car d’autres évaluations, mesurant les compétences dites ’de base’ des élèves de troisième, définies en liaison avec le socle commun, s’avèrent préoccupantes sans qu’il y ait lieu d’adhérer pour autant à la vision d’une noirceur excessive de M. Jean-Paul Brighelli », estiment les auteurs. En effet, l’évaluation de l’acquisition du socle, « n’a été expérimentée sur le terrain qu’en 2009, auprès d’un échantillon d’environ 270 collèges ». Par ailleurs, « le retard dans la présentation de l’indicateur 1.6 ne peut que laisser perplexe quant à la volonté ministérielle de mise en œuvre du socle », estiment les députés.

Du côté des équipes, la mission observe que « le collège est loin d’être en phase avec le socle ». Ainsi « la batterie de textes officiels tardifs n’a pas suffi à garantir une mise en œuvre effective » dans les collèges. Depuis cinq ans, la mobilisation du ministère - qui « n’a produit de substantiel » sur le sujet que « quatre pages ces quatre dernières années » - « n’a jamais été totale », avec une « implication très variable des cadres ». Sur le terrain, la mission a constaté une appropriation « très contrastée » d’une académie à l’autre. Citée en exemple, Marie-Jeanne Philippe, recteur de Besançon a spécialement chargé deux IA-IPR de suivre la mise en place du socle. De la même manière, la « prise en compte [du socle] est inégale dans les programmes », avec un effort plus important du côté des sciences.

BREVET DES COLLÈGES

« Bancal, voire baroque », le DNB redéfini par l’arrêté du 9 juillet 2009 « est devenu un objet composite ». À partir de la session 2011, « il comprendra pas moins de cinq paramètres » : l’attestation des sept compétences du socle, une note d’oral d’histoire des arts, les notes obtenues aux trois épreuves du brevet, les notes du contrôle continu et la note de vie scolaire. Et se traduira « concrètement par la mise à l’écart du socle dont la validation sera subordonnée par les politiques de délivrance du DNB » des différents jurys, annonce la mission.

Le rapport montre que les enseignants « sont loin » d’avoir intégré le socle dans leur pratique professionnelle, la « méfiance » se cristallisant en particulier contre l’attestation de compétences.

PROPOSITIONS

Dans la seconde partie de son rapport, la mission émet 18 propositions pour « relancer le socle commun et rebâtir le collège unique », dont voici les principaux axes :

PARLEMENT. Pour commencer, la mission veut faire respecter l’obligation d’information sur la mise en œuvre du socle. « Le Parlement, depuis quelques années s’était désinvesti des questions d’éducation, la création de la commission des affaires culturelles et de l’éducation permet à l’Assemblée de s’en ressaisir, c’est important », confie avec satisfaction Jacques Grosperrin à AEF. « La réaffirmation du rôle naturel du Parlement en matière de délimitation des contours de l’instruction, ne conduit pas pour autant à lui confier l’écriture des programmes », tient à préciser la mission dans son rapport. Il revient « en revanche au Parlement de préciser, dans la loi, ce que tout élève doit acquérir comme compétences et connaissances fondamentales ». À ce titre, la mission propose d’introduire dans le socle une référence à « la culture technologique et le travail manuel » ; aux compétences du « vivre ensemble » et une huitième compétence consacrée au « bien-être en général ».

CERTIFICATION. La mise en place du socle doit être l’occasion d’une « remise à plat » du système d’évaluation actuel fondé sur la notation : « Des évolutions sont en effet inéluctables car l’introduction du socle fait coexister deux systèmes d’évaluation : ’l’ancien’ qui évalue des disciplines’ et le ’nouveau’ qui évalue de manière binaire les disciplines ». Pour surmonter cette opposition, la mission propose de fonder la maîtrise du socle sur la certification des connaissances, et de remplacer dès 2012 le diplôme national du brevet (DNB), - « qui devra être supprimé » -, par une attestation simplifiée de maîtrise des connaissances et des compétences du socle aux élèves qui auront passé avec succès des épreuves terminales reposant « sur quelques exercices et mise en situation ». Un livret de compétences numérique permettant d’évaluer l’élève régulièrement l’accompagnera pendant toute sa scolarité. De même, les députés proposent de récompenser « de manière symbolique les élèves franchissant des étapes significatives » dans l’acquisition du socle.

BIVALENCE. Dans une logique d’interdisciplinarité voulue par le socle, la mission appelle à mettre ne place des programmes mieux articulés au socle commun, et à « encourager à terme un enseignement intégré des sciences d’une part, et des disciplines dites culturelles d’autre part ». La mission souhaite élaborer un « mode d’emploi » du socle commun, « conçu par niveau et non par discipline » pour la formation initiale et continue des enseignants. « Nous sommes allés dans un collège parisien où le chef d’établissement comme les enseignants n’avaient jamais entendu parler du socle commun », s’étonne Jacques Grosperrin.

Le socle appelle aussi l’instauration d’un « continuum » école-collège. Ceci passe par une meilleure formation des enseignants « à faire classe », « à l’interdisciplinarité » et au « travail en équipe », ou encore par le développement de la bivalence des professeurs ou par des échanges de service entre enseignants de CM2 et de sixième. Les députés plaident aussi pour une pédagogie différentiée, inspirée de ce qui se fait dans le primaire et une refonte des cycles (création d’un cycle de quatre classes allant du CE2 à la sixième).

À terme, les députés estiment qu’il faudra augmenter le temps de présence de tous les enseignants du second degré, « en incluant aux côtés des heures de cours, qui ne seraient pas augmentées, mais diminuées, les tâches liées à la coordination pédagogique, aux travaux en petits groupes, à l’accueil des parents, etc. », sur le modèle de l’expérimentation menée à Clisthène. Parmi une batterie de mesures avancées pour une « vie scolaire plus ambitieuse », le rapport préconise en outre la généralisation de la « mallette des parents » expérimentée dans l’académie de Créteil en 2008-2009.

ÉTABLISSEMENTS. « Le socle commun constituant, pour les collèges une feuille de route à respecter, il faut leur accorder, s’ils le souhaitent, des responsabilités pour adapter leur organisation pédagogique », écrivent les députés. Ainsi, la mise en œuvre du socle passe par l’attribution à titre expérimental pour les collèges de budgets permettant de « financer des projets interdisciplinaires qui mettent en valeur la compétence 7 du socle commun, autonomie et initiative », et à leur demande, « un volume d’heures non affectées et de postes à profil en échange d’engagements sur des objectifs précis ». Le recteur devra être le garant de la mise en place du socle commun.

INSPECTION GÉNÉRALE. Le socle impose en outre selon la mission une réorganisation de l’inspection générale par « grands champs », recouvrant plusieurs disciplines (lettres et langues étrangères par exemple) ou par cycle d’apprentissage. L’organisation actuelle par disciplines étant un potentiel facteur de « blocage ». Il faut enfin revoir à la hausse le nombre d’inspecteurs qui devraient assurer une mission de « conseil pédagogique de proximité », sorte « de conseillers techniques » des écoles et des établissements.

Enfin, « en attendant les écoles du socle commun », la mission propose d’expérimenter des réseaux « réseaux socle commun » mettant ne relations des écoles et un collège sur le modèle des RAR.

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