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Etats généraux sur la violence à l'école : le point de vue de Debarbieux - [Education et Devenir]
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États généraux de la sécurité : « La priorité doit être donnée au facteur humain » pour lutter contre la violence (Éric Debarbieux)

« Les effets des caméras de surveillance ou des portiques de sécurité dans les établissements scolaires sont limités. La priorité doit être donnée au facteur humain en matière de prévention de la violence scolaire. C’est une nécessité criminologique : il ne faut pas être seul pour être protégé », affirme Éric Debarbieux, président du conseil scientifique des généraux de la sécurité à l’école, mercredi 7 avril 2010, lors d’une conférence menée avec Égide Royer, codirecteur de l’Observatoire canadien pour la prévention de la violence. Cette conférence, intitulée « approche française et internationale de la violence en milieu scolaire », avait lieu dans le cadre des états généraux de la sécurité à l’école, qui se tiennent aujourd’hui et demain en Sorbonne à Paris (AEF n°129926.

« Les conclusions du conseil scientifique ont été rédigées en toute liberté et il est probable que nous dérangions, précise Éric Debarbieux. Mais pour être pertinente, la science se doit d’être impertinente. Nous n’allons pas donner de solutions mais montrer des chemins et il reviendra aux associations, au gouvernement et aux personnes de la communauté éducative de les emprunter ou non. »

« MESURES VEXATOIRES »

Éric Debarbieux veut casser « les idées reçues » sur la violence et la sécurité : « Il ne faut pas croire qu’aux États-Unis, par exemple, tous les établissements sont munis de détecteurs de métaux. C’est faux, ils sont moins de 1 %. » Il affirme que « la prévention situationnelle n’est pas forcément technique et ne passe pas uniquement par les caméras de surveillance et les portiques » : « Ces mesures vexatoires (fouille des cartables, détecteur de métaux) ont même un effet négatif et ont tendance à augmenter la violence », explique-t-il.

« Je ne sais pas si les effectifs des enseignants ont un impact direct sur la gestion de la violence », poursuit-il. Mais une chose est sûre : « La question de leur formation est essentielle. Les formations à ’la gestion de crise’ existent mais ne sont pas forcément prises au sérieux car elles sont optionnelles. » Un constat que partage Égide Royer : « Ne pas s’attendre à ce que certains enfants aient des comportements difficiles et ne pas former les enseignants à ces cas de figure, c’est de l’aveuglement. » Il insiste sur le rôle primordial de la formation continue des enseignants : « Il faut que les professeurs soient capables de comprendre les signes d’agressivité liés à la dépression », illustre-t-il.

Les deux chercheurs insistent en outre sur l’importance d’une « intervention systématique en pré-scolaire [petite enfance] » et sur la nécessité de prôner des sanctions « sur-mesure » face aux actes de violence, en prenant en compte la personnalité de l’élève, « d’améliorer la stabilité des équipes pédagogiques » ou encore d’agir « sur les ségrations au sein des établissements en luttant contre les discriminations ».

LES FACTEURS DE RISQUE

Autre idée reçue dénoncée par Éric Debarbieux : « Tout comportement difficile n’est pas synonyme de pré-délinquance. La nuance se fait dans la répétition des actes. » Il explique que « les victimes de quatre à cinq actes de micro-violence comme le racket sont les élèves les plus en souffrance », avec des signes manifestes comme anxiété, perte de l’estime de soi et dans les cas extrêmes, actes suicidaires. « Une des conséquences est également l’absentéisme scolaire. Près d’un cinquième des élèves absents le sont par peur. »

« Il n’y a pas une cause précise à la violence, estime Éric Debarbieux. Il s’agit d’un phénomène complexe lié à une combinaison de facteurs de risque. » La violence augmenterait de 31 % chez les jeunes combinant quatre facteurs de risque. Parmi ces facteurs, Éric Debarbieux cite notamment le facteur familial, qui suivant le style parental peut influencer le comportement des enfants (reproduction de la brutalité parentale, permissivité exacerbée, etc.) et les facteurs socio-environnementaux. « Dans les collèges de ZEP, 34 % des élèves perçoivent une violence forte et 7,9 % s’auto-déclarent racketteurs. Dans les lycées ordinaires, ils sont réciproquement 15 % et 5,3 %. »

L’ENVIRONNEMENT

Le professeur québécois insiste également sur l’importance de l’environnement. Il cite une expérience : « Une boîte aux lettres avec un billet de 5 livres qui dépasse sera forcée dans 13 % des cas si elle est située dans un endroit propre, 27 % si elle présente des graffitis, et 25 % si l’endroit est plein de déchets mais que la boîte aux lettres est nette. Cette expérience montre bien que l’environnement pèse lourd dans le comportement violent d’un enfant », continue-t-il.

Égide Royer estime en outre que « l’utilisation des jeux vidéo violents constitue un autre facteur de risque. On a prouvé qu’ils augmentaient les comportements agressifs, les pensées négatives et diminuaient l’empathie ». Éric Debarbieux souligne également les nouvelles formes que peut prendre la violence avec internet. « On a vu l’apparition de l’effet ’copycat’, la reproduction identique d’actes de violence vus sur le web, mais aussi du cyber harcèlement. »

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