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absentéisme : vif débat à l'Assemblée nationale - [Education et Devenir]
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Absentéisme : La proposition de loi Ciotti vivement combattue

Parfois cocasse, le débat à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi déposée par le député UMP Eric Ciotti sur l’absentéisme scolaire a tourné à l’aigre mercredi 16 juin. Le ministre, les principaux députés en charge de l’éducation de la majorité et de l’opposition se sont affrontés sans esprit de compromis. La suppression des allocations familiales est bien un tabou qui sépare la droite de la gauche. Aux arguments d’inefficacité tenus par la gauche, les élus de la majorité ont répondu en termes moraux de responsabilité familiale".
Rappelons que la proposition de loi prévoit la suppression automatique des allocations familiales des familles dont un enfant s’absente de l’école. Pour Eric Ciotti, "à côté de ces situations où les parents démunis face à l’absentéisme de leur enfant acceptent la main tendue, il y a ceux qui refusent d’assumer leur responsabilité, ceux qui démissionnent ou encore ceux qui estiment que c’est à la société de prendre en charge ce qui leur incombe naturellement et juridiquement. À ceux là, il faut rappeler que la responsabilité parentale ne se délègue pas à la collectivité, et ne saurait se diluer". C’est sur ce terrain que Luc CHatel allait venir après avoir rappelé des actions positives de son ministère, comme la Mallette des parents. "C’est un fait : certaines familles refusent d’assumer leur autorité sur leur enfant et laissent libre cours à son absentéisme. À celles-là, il faut rappeler que, si les parents ont assurément des droits, ils ont aussi des devoirs, et que l’un de ces premiers devoirs est l’exercice d’une autorité éclairée et vigilante sur leurs enfants", a déclaré le ministre. "Dans cet esprit, la sanction ne constitue justement que le dernier recours d’un dispositif gradué en trois étapes : l’avertissement, la suspension et, enfin, la suppression. Si les parents interviennent, rappellent à leur enfant l’importance de l’assiduité scolaire et que l’enfant lui-même agit et se montre assidu pendant un mois complet de scolarité, la suspension sera annulée par le versement rétroactif du mois concerné. Nous sommes donc bien loin de la sanction immédiate et aveugle parfois décrite. Bien au contraire, par cette mesure de versement rétroactif qui répond au retour de l’assiduité, nous mettons en exergue l’efficacité de la remédiation, l’importance de la réaction responsable".
Pour l’opposition, Yves Durand a démontré l’inefficacité de cette loi. "L’absentéisme scolaire est le prolongement quasi naturel de l’échec scolaire, qui est lui-même le produit très inégalement réparti d’une misère matérielle et sociale", a expliqué Y Durand. "Échec scolaire et absentéisme touchent d’abord les enfants des catégories déjà défavorisées : ce que les parents eux-mêmes ont connu, les enfants en sont victimes à leur tour, dans une inégalité que souligne le rapport de la Cour des comptes sur le système éducatif…. Cette femme de ménage qui élève seule son fils de quinze ans et qui part à cinq heures du matin pour un travail qu’elle effectue aussi le soir quand les bureaux sont fermés, peut-elle être considérée comme responsable de l’absentéisme de son fils ? Cette femme qui trime pour survivre et pour l’aider, vous l’asphyxiez en lui coupant les allocations familiales". IL a cité également le cas du frère sérieux du décrocheur victime de la loi Ciotti, ou encore, "le jeune décrocheur lui-même, orienté, après un ou deux redoublements, dans une filière professionnelle qu’il n’a pas choisie, dont on lui dit quotidiennement qu’elle ne débouche que sur le chômage ou les petits boulots, est-il responsable d’une démotivation qui le pousse à l’absentéisme ? Il y a bien d’autres moyens, monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, madame la secrétaire d’État, de lui redonner le désir d’école, que celui consistant à punir ses parents d’un échec qu’ils vivent souvent comme leur propre échec".
A ces éléments, la majorité répondait par une proposition conflictuelle. M. Patrice Calméjane déposait un amendement demandant d’étendre la sanction de l’absentéisme à la moitié de l’allocation de rentrée scolaire.
Dans un communiqué, le Snes prenait parti contre la proposition de loi. "Pour le SNES, l’absentéisme scolaire est un problème sérieux qui appelle des réponses multiformes en permettant à tous les personnels qui existent dans l’Education Nationale de croiser leurs regards et leur expertise professionnelle pour trouver des solutions adaptées. Les Conseillers Principaux d’Education, les Conseillers d’Orientation Psychologues, les personnels sociaux et de santé, les personnels d’enseignement et de Vie Scolaire sont les plus à même de répondre efficacement à l’absentéisme scolaire pour peu qu’on leur donne les moyens de travailler dans le cadre de véritables équipes pluri-professionnelles".

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