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La question scolaire revient sur le devant de la scène - [Education et Devenir]
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Devant l’aggravation de l’échec scolaire, les partis politiques prennent conscience de l’urgence d’une réforme profonde du système

Une rumeur affole actuellement le monde éducatif. En décembre 2010, l’OCDE révélera une quatrième comparaison internationale sur les performances des élèves avec la fameuse et si redoutée enquête « Pisa ».

Et les résultats pourraient bien révéler un nouveau déclin de la France, qui basculerait pour la première fois sous la moyenne des pays développés. Voilà dix ans que cette étude triennale met en lumière les piètres résultats du système éducatif français. Accueillie en 2000 avec circonspection, cette comparaison sur les compétences en lecture et calcul a fini par provoquer une prise de conscience.

Selon l’historien Claude Lelièvre, la publication imminente de ces nouveaux résultats n’est pas pour rien dans l’engagement des partis politiques sur le terrain pourtant miné d’une réforme de fond du système scolaire. « Depuis longtemps, à chaque élection, les partis avancent des propositions. Mais c’est la première fois que je constate une telle production de réflexions globales sur la scolarité obligatoire », souligne ce spécialiste des politiques éducatives.

Rapports alarmants en série
En 2005, à l’issue de la vaste consultation de la commission Thélot, la loi Fillon avait inscrit dans la loi le principe de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et adopté le principe du socle commun de connaissances et de compétences que l’État s’engageait à garantir à tous les élèves. Mais depuis, l’école a peu progressé dans ses pratiques… et ses résultats. Aujourd’hui, 21 % des élèves éprouvent de sérieuses difficultés de lecture et 150 000 sortent chaque année du système sans diplôme ou qualification.

Plusieurs rapports viennent de tirer la sonnette d’alarme. Celui du député UMP Jacques Grosperrin, au printemps 2010, montrait que le ministère de l’éducation n’avait pas vraiment mis en application le socle commun. Plus sévère encore, le rapport du Haut Conseil de l’évaluation de l’école (HCEE) dénonçait, en octobre dernier, les impasses du collège unique.

Mais c’est la Cour des comptes qui, en mai dernier, a frappé le plus fort. Son président, l’ancien député socialiste Didier Migaud, a alors appelé à « un traitement massif, urgent et efficace de la difficulté scolaire ». Son analyse, en résumé, constatait que le système repose encore sur une logique de l’offre uniforme, alors qu’il faudrait partir des besoins différenciés des élèves.

À partir de là, le rapport de la Cour proposait de grandes orientations comme le suivi personnalisé des élèves, l’assouplissement des parcours, l’autonomie pédagogique des établissements ou la redéfinition des missions des enseignants.

Convergences transpartisanes
La pression provoquée par la publication des comparaisons internationales et de ces divers rapports a contraint les responsables politiques à sortir du bois de la prudence. La lecture des propositions faites cette semaine par le PS et l’UMP montre qu’ils s’engagent dans ces grandes directions.

Selon les sensibilités, les modalités sont, certes, bien différentes. L’autonomie, à gauche, signifie confier plus de liberté aux équipes pédagogiques. À droite, on insistera sur l’augmentation des pouvoirs du chef d’établissement. Mais sur les grandes orientations, on relève des convergences significatives.

« On a gagné la bataille des idées, se réjouit aujourd’hui Jean Picq, qui avait conduit l’audit de la Cour des comptes. La France a besoin, socialement et économiquement, d’élever le niveau de formation. Et si l’on veut amener 80 % de jeunes au bac, on ne peut plus se contenter de penser à l’élite, il faut se préoccuper de tous ceux qui sont en difficulté. Cela suppose de changer de pratiques et d’organisation. »

Les syndicats conscients de l’urgence
Il y a une quinzaine d’années, souligne Claude Lelièvre, un consensus politique est apparu sur l’urgence de réformer l’enseignement supérieur sous peine d’un déclassement de la France. « On peut espérer que le diagnostic est maintenant partagé en ce qui concerne la scolarité obligatoire », observe l’historien.

Selon lui, les socialistes comme l’UMP prennent enfin à bras-le-corps l’enjeu de l’articulation entre l’école primaire et le collège, alors que ce dernier n’était perçu depuis sa création que comme l’antichambre du lycée. Ce dossier de l’identité du collège a toujours constitué un sujet difficile avec les organisations syndicales.

Or de ce côté-là aussi, les temps ont peut-être changé. Il y a quelques jours, une cinquantaine d’organisations ont ainsi avancé, dans un « appel de Bobigny », une dizaine de propositions visant à faire de l’éducation une priorité des politiques publiques. Chacun paraît conscient qu’il y a urgence à réformer en profondeur.
Bernard GORCE
à lire également :
http://www.la-croix.com/La-gauche-et-la-droite-veulent-reformer-l-ecole-en-profondeu/article/2444660/55350

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