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le malaise des enseignants stagiaires - [Education et Devenir]
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Les stagiaires du second degré sont bien "en difficultés" estime un rapport du ministère

Expert reconnu de la formation des enseignants, Jean-Louis Auduc analyse le rapport sur l’accueil des enseignants stagiaires du second degré. A la différence du premier degré, où les stagiaires ont eu généralement un délai d’adaptation , les enseignants du second degré ont généralement été envoyés directement dans les classes. Et cela génère de nombreuses souffrances.
Une étude réalisée par La Direction Générale des Ressources Humaines (DGRH) du ministère de l’Education Nationale sur les premiers mois d’exercice des professeurs stagiaires 2010-2011 reconnait « des difficultés » principalement centrées sur les stagiaires du second degré. Cette enquête a porté sur toutes les académies à l’exception de la Guadeloupe et de Montpellier.
Pour le ministère, la mise en place du dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation est « globalement positif » pour le premier degré. On y apprend cependant que « 11% des tuteurs ont 3,4 à 5 stagiaires à encadrer/ ex. à Versailles : 48 tuteurs encadrent 4 stagiaires et 45 tuteurs, 5 stagiaires. » Quand on se rappelle des discours du ministre sur l’accompagnement personnalisé par le tuteur, on ne peut qu’être surpris….
Concernant le second degré, au-delà des formules diplomatiques, ce sont des difficultés et la souffrance des stagiaires qui transparait : « Il ressort que ceux-ci commencent à connaître en octobre un état de fatigue. Il leur semble difficile de concilier dans l’urgence l’organisation de leurs classes ( préparation des cours, gestion de la classe) et leur formation. Les stagiaires estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l’apprentissage de leur futur métier. Concernant leurs relations avec le tuteur, certains stagiaires regrettent sa nomination tardive et les difficultés pour le voir (incompatibilité des emplois du temps).
L’étude reconnait également de très grandes disparités de traitement des stagiaires selon les académies, et le fait que fin octobre 65 stagiaires du second degré avaient démissionné, soit 32% de plus que l’année d’avant où ils avaient été 48 à le faire. On y découvre que certains établissements ont jusqu’à 5 stagiaires et que 394 stagiaires sont affectés sur plusieurs établissements « (2 à 3 au maximum) ». Le ministère reconnait qu’à la date de l’enquête « 139 stagiaires n’avaient pas encore de tuteurs(…) Poitiers 47 tuteurs manquants, Rennes 56 tuteurs manquants et Créteil 18 tuteurs manquants. » On peut également lire dans l’étude que « la désignation des tuteurs ne s’est pas réalisée sans difficulté……. Certaines académies ont un tuteur pour plusieurs stagiaires . Une grande majorité d’entre eux n’encadrent pas plus de 3 stagiaires……23% des tuteurs ne sont pas dans l’établissement de leur stagiaire et dans certaines académies ce pourcentage dépasse 30%.... »
Une telle étude montre la nocivité du dispositif instauré pour les nouveaux recrutés dans le métier enseignant. Les difficultés, les souffrances décrites ici contribuent à dissuader des jeunes de se diriger vers le métier enseignant, comme l’ont montré le grand nombre d’étudiants inscrits en juin au concours qui ne sont pas venus composer aux épreuves écrites d’admissibilité de l’automne. Il est donc plus que jamais urgent de rétablir une véritable année de formation pour ceux qui sont reçus en juillet 2011 aux concours de recrutement enseignant.
Jean-Louis Auduc

  • men-stagiaires.pdf
  • 7 janvier 2011
  • 358 ko / PDF
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