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Echos du colloque UNSA sur le collège - [Education et Devenir]
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Collège : Pourquoi il va changer

Le collège français peut-il encore longtemps rester immobile ? A cette question, le colloque organisé par le Se-Unsa le 12 janvier a apporté, avec des témoignages différents, une réponse négative. La question est plutôt dans la prévision de ce changement et de ses conséquences.
Le "tout puissant Empire du Milieu" de Lucien Febvre, évoqué par Claude Lelièvre dans son exposé au colloque Se-Unsa du 12 janvier, c’est à dire le lycée, pilote depuis des années les destinées de l’enseignement secondaire. C’est el poids du modèle du lycée qui a fait du collège, historiquement, un "petit lycée" , une antichambre qui prépare au lycée et au baccalauréat.
Or plusieurs faits nouveaux remettent en question cette tradition héritée du Premier Empire. Le premier a été magnifiquement résumé par RF Gauthier dans la formule " La politique de l’accès ne fait pas la politique du succès". Si on a massifié le collège en l’ouvrant à tous les écoliers, on n’a pas réussi à en faire un tremplin vers le succès, identifié au lycée et au bac. Mettre le bac en perspective a créé un fossé entre école et collège dans lequel se noient un nombre important d’élèves. C’est à peu près un tiers d’une tranche d’âge que l’on ne retrouvera pas au bac et environ un jeune sur cinq qui quitte le collège avec des acquisitions très insuffisantes. C’est cet échec qui a amené à mettre en place le socle de compétences pour renforcer les liens entre pratiques de l’école et du collège. On a pu entendre au colloque Se Unsa un intéressant témoignage d’une professeure des écoles en poste en collège qui témoignait des différences de rythmes et de posture pédagogique entre ces deux univers éducatif.
L’autre force qui pousse au changement c’est la pression internationale. Le système binaire français (primaire et secondaire) est remis en question par les évaluations internationales. Ainsi Pisa étudie les jeunes de 15 ans, une période qui correspond partout à la fin de la scolarité secondaire obligatoire, mais qui, en France, se situe à cheval sur le collège et le lycée. La mondialisation scolaire qui est en route est un vecteur d’uniformisation d’autant plus que les états mettent en place partout des outils similaire d’évaluations et un pilotage par l’évaluation. En France le rapport Grosperrin, sur le collège, celui de F Reiss sur le lycée, le rapport du HCE sur le collège poussent aussi à revoir la rupture collège - lycée et à mettre en place une "école du socle commun" qui liera le collège au primaire.
Cette articulation a déjà été envisagée dans le passé. Dans la construction du secondaire français, Claude Lelièvre a montré que la résistance d’une tradition culturelle, syndicale et politique a jusque là bloqué cette évolution, tirant toujours le collège vers le modèle du lycée. Cette force est très grande. Pourra-t-elle longtemps tenir face aux nouvelles pressions ? Est-on venu au temps de la rupture ? Une réponse législative sera apportée prochainement par le dépot d’une proposition de loi des députés Grosperrin et Reiss qui visera la création de l’école du socle.
A court terme le défi est déjà d’envisager els conséquences sur la profession de cette évolution. Elle implique une modification de la définition des services des enseignants pour y inclure des tâches qui sont exercées actuellement en dehors du cadre statutaire. Du coup elle pourrait aussi impacter les conditions de travail de façon importante. La question du collège concerne en fait l’ensemble de la profession.

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