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Education : la notation des enseignants remplacée par un entretien professionnel ? - [Education et Devenir]
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Le ministère veut expérimenter des entretiens de carrière apres 2 et 20 ans. Parallèlement, une réflexion existe sur les entretiens professionnels annuels qui devraient remplacer le système de notation traditionnel. La réflexion de José FOUQUE sur les entretiens de progrès (voir aussi E&D Formation) est un levier utile pour faire avancer le système.

Le Monde.fr | 04.02.11 | 15h07
Le projet de réforme visant à remplacer la notation des enseignants par un entretien professionnel a été jugé "dangereux" par les syndicats, et la méthode, "brutale".

Le projet de réforme visant à remplacer la notation des enseignants par un entretien professionnel a été jugé "dangereux" par les syndicats, et la méthode, "brutale".

Les enseignants seront-ils seulement évalués par leur supérieur hiérarchique direct, les chefs d’établissement ? Un document du ministère de l’éducation nationale adressé aux chefs d’établissement mi-janvier, que Le Monde s’est procuré, sème la zizanie au sein de la communauté éducative.

Dans ce courrier, il est indiqué qu’au cours de leur carrière, les enseignants auront deux entretiens de carrière. A deux ans d’ancienneté, l’entretien visera à vérifier si l’enseignant "maîtrise" son métier, et à "définir, si nécessaire, un éventuel accompagnement". A vingt ans, "il conviendra de l’aider à se projeter sur la deuxième partie de sa carrière". Une "mobilité fonctionnelle" pourra alors lui être proposée.

Jusque là, rien de surprenant. Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, avait annoncé la mise en place de ces entretiens de carrière dans son "Pacte de carrière" dès le mois d’octobre 2010. "Les personnels [de l’éducation nationale] ne sont pas suffisamment accompagnés", avait alors estimé le ministre. "J’ai décidé d’impulser une nouvelle politique de ressources humaines."

Mais cette "nouvelle politique de ressources humaines" préfigure-t-elle un nouveau mode d’évaluation des personnels ? Les syndicats craignent que les entretiens de carrière ne se substituent à l’actuel système de double notation des enseignants : une note administrative attribuée par le chef d’établissement, qui compte pour 40 % de la note globale, et la note pédagogique délivrée par les corps d’inspection, comptant pour 60 %.

Sur ce point, le document ministériel est pour le moins ambigüe. En 2012, annonce-t-il, "les nouvelles modalités d’appréciation de la valeur professionnelle des enseignants qui se substitueront à la double notation actuellement en vigueur, supposera l’organisation d’entretiens professionnels". Les entretiens de carrière à deux ans et vingt ans d’ancienneté pourraient "s’intégrer, à terme", dans un nouveau système d’évaluation concernant toute la fonction publique et prévoyant le principe d’un entretien d’appréciation annuel, précise Josette Théophile, la directrice générale des ressources humaines du ministère.

"UN RÉGIME DE LA PEUR"

En effet, un décret paru à l’été 2010 prévoit la fin du système actuel de notation des fonctionnaires d’ici au 1er janvier 2012 et son remplacement par un nouveau dispositif fondé sur le principe de "l’entretien annuel avec le supérieur hiérarchique". Concernant les entretiens de carrière, dans le primaire, ce sont les inspecteurs de l’éducation nationale qui sont appelés à les mener, ou, par délégation, un conseiller pédagogique, "voire le directeur d’école", précise le document ministériel. Dans le second degré, le chef d’établissement ou son adjoint en sont responsables.

Une réforme jugée "dangereuse" par les syndicats, et la méthode, "brutale". Ces derniers indiquent avoir appris fin janvier 2011 que ces entretiens de carrière avaient été expérimentés en décembre 2010 et janvier 2011 dans quelques établissements et circonscriptions de chaque académie, en vue d’une généralisation dès le mois de mars prochain ! Et cela, sans une once de concertation, rapportent-ils.

La FSU rejette en bloc le principe des entretiens d’évaluation. "Ces mesures s’inscrivent dans la logique d’individualisation des carrières, sur le modèle du privé, observe Bernadette Groison, sa secrétaire générale. Or, le déroulement d’une carrière ne peut être basé sur un entretien partiel et subjectif." Le syndicat SE-UNSA n’est pas opposé aux entretiens de carrière, "car ils répondent à une demande des enseignants", estime Dominique Thoby, secrétaire nationale du syndicat SE-UNSA. Mais "la menée de ces entretiens par le supérieur hiérarchique direct est inconcevable".

"C’est un régime de la peur" qui risque de s’instaurer peu à peu dans les établissements, avertit Patrick Roumagnac, secrétaire général du syndicat majoritaire des inspecteurs de l’éducation nationale, le SIEN-UNSA. "Les enseignants sont en train de découvrir ces entretiens et se demandent bien ce que c’est que ce truc là ! "
Aurélie Collas

PS :

voir aussi la conférence de José FOUQUE dans l’opinion d’E&D
aller sur Jose FOUQUE

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