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Evaluation des enseignants : la DGRH s'exprime - [Education et Devenir]
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Interview de Josette Théophile, DGRH par François Jarraud.
E&D appelle de ses voeux depuis longtemps des formes moins archaïques d’évaluation des enseignants. Les projets développés par la DGRH peuvent y contribuer. Mais méthodes, calendrier et contexte les insèrent dans un climat peu favorable ! S’étonner de la "fébrilité" des réactions est étonnant !

Evaluation des enseignants : Josette Théophile : " Cette fébrilité est étonnante"


Par François Jarraud
Directrice générale des ressources humaines, Josette Théophile est l’auteur des fameuses lettres adressées à certains établissements organisant des entretiens individuels et envisageant une réforme de l’évaluation des enseignants. Elle nous reçoit à notre demande pour donner son point de vue sur cette affaire et sur l’évolution du métier d’enseignant.
L’annonce des entretiens individuels et de la nouvelle évaluation des enseignants a suscité beaucoup d’émoi. S’agit-il de mesures nouvelles ?
Les entretiens professionnels sont un élément du dispositif du "pacte de carrière" qui remonte à 2009. Le pacte comprend 5 volets : la revalorisation des nouveaux enseignants, le droit individuel à la formation (DIF), l’accompagnement à la mobilité, la prévention des risques professionnels et l’évaluation des enseignants. La revalorisation est instituée depuis la rentrée 2010. On vient d’y ajouter la prime d’intérêt collectif et la prime de tutorat. Le DIF lui aussi fonctionne depuis la rentrée. On a déjà reçu 276 demandes de DIF et 44 ont reçu un accord essentiellement pour des projets d’accompagnement à la mobilité. On a ouvert un portail sur la mobilité qui offre une vision globale et qui a déjà reçu 80 000 visiteurs. Pour la prévention des risques professionnels on a recruté 13 médecins et on propose une visite de prévention aux enseignants âgés de 50 ans dans 6 départements.
Pour en revenir aux entretiens professionnels, ils ont été annoncés au Comité technique paritaire. Ils tiennent compte du fait que le métier évolue et d’une demande des nouveaux enseignants qui souhaitent être suivis par l’institution. On a donc choisi deux moments privilégiés pour les réaliser, en début de carrière, à 2 ans d’ancienneté, et au bout de 20 ans. A ces deux moments le DRH académique ou le conseiller à la mobilité doit recevoir les enseignants en difficulté ou qui en font la demande. Il s’agit de les écouter et de voir avec eux s’ils sont bien où ils sont et comment on peut les aider à évoluer.
Enfin il y a l’évaluation des enseignants. Là aussi on en a bien sur parlé avec les organisations syndicales. Tout le monde est d’accord pour dire que le métier d’enseignant a évolué et que l’évaluation actuelle ne reflète qu’une partie des tâches qu’effectuent les enseignants, celles qui ont lieu en classe. Et cet effet est renforcé par la notation administrative qui a un impact très mécanique. Le ministre veut changer cela. Il a ouvert un chantier qui se terminera à la fin de l’année. Il y a une forte convergence pour dire que la notation doit intégrer un entretien d’appréciation et pour prendre comme guide le référentiel des compétences des enseignants élaboré en 2006. Il y a aussi accord sur l’idée qu’il faut un regard croisé et pas celui du seul chef d’établissement ou de l’IPR. Sur ce point on va consulter les syndicats dans les semaines qui viennent. On sera à même de proposer plusieurs scénarios au ministre et aux syndicats à la rentrée 2011.
Comment expliquez vous l’effet de surprise qu’il y a eu à l’annonce des entretiens et de l’évaluation ?
On ne voulait pas communiquer sur ces entretiens avant de pouvoir les généraliser. Mais le courrier qui a été envoyé dans les établissements était un simple document technique. On est d’ailleurs maintenant en plein test. Mais cette fébrilité est étonnante. La surprise des enseignants devant ces mesures n’est pas réelle puisque ils ont reçu une lettre du ministre à la rentrée qui annonçait le dispositif. Du coté des syndicats peut-être auraient-ils souhaité une concertation sur ces documents techniques et c’est vrai qu’on a démarré la phase de test rapidement. Pour nous il est clair que si on ne faisait pas ces tests maintenant on perdait un an. Il n’y a eu avec eux qu’un seul désaccord sur le fait que les conseillers pédagogiques ou les directeurs d’école pourraient conduire les entretiens. On a tenu compte de leur avis.
Que devient la place des IPR dans ces entretiens ?
On souhaite garder un regard croisé et c’est un point d’accord avec les inspecteurs. Les inspecteurs demandent cela.
Beaucoup d’enseignants veulent quitter le métier, probablement des milliers. Or cette année vous avez accordé 44 formations DIF. Un chiffre à mettre en rapport avec les 80 000 visiteurs du site "mobilité". N’y a-t-il pas un grand écart par rapport aux attentes ?
On veut que les enseignants sachent que des portes peuvent s’ouvrir, qu’il peut y avoir de la fluidité. Souvent d’ailleurs quand ils font le tour de leur démarche ça les conforte dans le métier d’enseignant. Le seul vrai problème de désaffection que l’on a c’est avec les agrégés qui enseignent en collège. Ils jugent mal l’écart entre leur qualification et leur travail au collège.
Avez vous un personnel suffisant pour faire ces entretiens ? Les syndicats d’inspecteurs et de chefs d’établissement disent qu’ils ne peuvent pas traiter la masse des enseignants.
Il y a plus de monde qu’avant. En général 3 personnes par académie. Et quand ils sont aidés par les chefs d’établissement, les CPC, les inspecteurs, ils n’ont pas des masses de personnes à voir. D’ailleurs plusieurs académies, comme Versailles ou Nantes, pratiquent déjà les entretiens individuels.
Que pouvez vous proposer au personnel qui souhaite quitter l’enseignement ?
Il n’y a pas de solution miracle mais on pourra bientôt proposer de bouger vers un emploi dans l’administration. Ou aller vers un emploi de CPE. Enfin beaucoup partent vers les collectivités locales.
Sur quels principes allez vous évaluer les enseignants ?
On verra cela quand on aura progressé sur cette question. On n’a pas terminé toutes les consultations.
Quand on écoute les enseignants, les changements qu’ils attendent dans leur métier c’est la reconnaissance réelle du travail en équipe, la prise en charge de tout ce qu’ils font en plus du travail en classe. On en est encore loin...
Si on modifie l’évaluation des enseignants c’est pour reconnaître tout cela qui pourra être pris en compte pour les promotions. Ce sera une reconnaissance réelle.
Vous vous heurtez à une baisse importante du recrutement des enseignants. Dans quelle mesure est-ce lié à l’annonce médiatique de l’impréparation des stagiaires, dans quelle mesure est-ce lié au fait que les salaires enseignants sont trop faibles pour un master ?
Les difficultés ne sont pas plus importantes que les autres années. Deux phénomènes expliquent la baisse du nombre des candidats. Il y a un phénomène conjoncturel : on a organisé deux sessions de recrutement la même année au printemps et en automne et on a puisé deux fois dans le même vivier. D’autre part, dans le premier degré, l’annonce de la baisse de moitiés du nombre de postes a un effet sur les candidatures. Dans le second degré la baisse touche des disciplines particulièrement : maths, physique par exemple. Là il est clair qu’il y a de plus en plus de diplômés mais qu’ils vont ailleurs. C’est possible que la rémunération joue ou encore le contenu du métier. Par contre les candidats qui se présentent sont d’un niveau plus élevé que d’habitude. Il n’y a pas de baisse de niveau.
Entretien : François Jarraud

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