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Ecole/parents au sommaire de la revue de l'AFAE - [Education et Devenir]
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Les parents et l’école au sommaire de la revue de l’AFAE

« L’école, si elle ne veut pas s’isoler, devra auprès des parents partager les codes scolaires afin qu’ils soient accessibles et compréhensibles par tous, dépasser les seuls dénominateurs que sont la note et le comportement et travailler avec les parents sur leur ’sentiment de compétences’ », écrit dans la revue de l’AFAE Gwenaël Surel, principal du collège Ernest-Renan à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). La revue trimestrielle de l’association, datée de décembre 2010, est consacrée à la thématique « Les parents et l’école ».

D’après l’IEN Jean-Jacques Latouille, « les parents d’aujourdhui ne regardent pas l’école comme jadis et n’en attendent pas les mêmes choses ». Ainsi estime-t-il que « l’école doit les considérer à travers un nouveau regard » et qu’un « changement de paradigme s’impose ».

Il rappelle que « c’est avec les textes réglementaires (1974) qui instaurent les élections des parents d’élèves et organisent l’accueil des parents à l’école maternelle, que les parents commencent à entrer dans l’école et à faire valoir leurs droits en matière de conduite de l’éducation des enfants ». La loi d’orientation de 1989 « installera, de façon définitive, les parents comme membres de la communauté éducative ». Les parents ont désormais « un droit et un devoir vis-à-vis de l’éducation scolaire de leurs enfants, ce qui comprend l’orientation, mais aussi la critique des méthodes pédagogiques », et ils souhaitent « participer activement aux instances de gouvernance des établissements scolaires et à la définition des politiques locales d’éducation ».

DÉMISSION ?

D’après Malika Sorel, membre du HCI, « il est souvent reproché aux parents de l’immigration de démissionner de leur rôle éducatif ». Or, « dans leur écrasante majorité, ces parents ne démissionnent pas. Il se trouve qu’ils transmettent leurs propres normes collectives à leurs enfants, et que cela ne correspond pas toujours, loin s’en faut, au contenu de la culture scolaire fondée sur les principes de Liberté-Égalité-Fraternité-Laïcité », nuance-t-elle.

Ainsi, « pour de nombreux parents de l’immigration, l’école idéale devrait transmettre des savoirs qui ne poussent pas au développement de l’esprit d’analyse ou de l’esprit critique ». « Leur idéal serait une école-buffet dans laquelle leurs enfants piocheraient les connaissances et les règles que tolère leur communauté, un buffet sur lequel ils poseraient également leurs propres plats », constate Malika Sorel. « Les jeunes de l’immigration pensent à tort que la solution à leurs problèmes serait que notre société, à commencer par son école, les reconnaisse comme différents et qu’elle adopte un modèle basé sur des politiques de diversité », explique la membre du HCI pour qui « y consentir ne résoudrait en rien leurs problèmes ». Cela « aggraverait considérablement le risque que la République devienne otage de communautés qui se dresseraient chaque jour davantage les unes contre les autres, pour défendre leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général ».

Aujourd’hui, « chaque enfant est désormais convaincu de son caractère unique, certain de porter déjà tout en lui et que le maître n’est finalement là que pour le révéler à lui-même. » Or, « il est primordial d’aider les enfants de l’immigration à se construire des attaches affectives et culturelles avec la société française ». Cela se fera « par un apprentissage sérieux et exigeant de la langue » et des « effectifs réduits dans les classes de maternelle et les deux premières années de primaire ». Malika Sorel en conclut que « la restauration des conditions d’exercice de la mission de l’école de la République devient l’urgence absolue, une priorité nationale ».

UN RAPPORT À L’ÉCOLE INSTRUMENTAL

Dominique Glasman, professeur de sociologie à l’université de Savoie, note quant à lui qu’ « à titre de clients dans l’école privée et de contribuables dans l’enseignement public, les parents comptent bien que l’école réponde à leurs attentes, voire leur permette ’d’en avoir pour leur argent’, et certains le font savoir ». « On enregistre bien aujourd’hui un rapport plus ’instrumental’ à l’école que ce n’était le cas hier. »

Cependant, « pour une part, ce n’est pas d’école que les parents sont consommateurs mais de biens scolaires, autrement dit de biens ou de services qui, non fournis par l’école, disponibles en dehors et parfois sur le marché, sont directement ordonnés à la recherche de la réussite scolaire et permettent de tirer le meilleur profit de l’école : stages linguistiques pour améliorer la maîtrise des langues, cours particuliers ou accompagnement scolaire, services privés d’orientation, coaching scolaire, produits parascolaires », nuance Dominique Glasman.

RECHERCHE DE L’ENTRE SOI

Olivier Brunel, IA-IPR AVS, CSAIO du rectorat de Montpellier, s’intéresse lui aux parents refusant de se soumettre à la carte scolaire. « Très longtemps, ce refus a été interprété comme la manifestation d’un élitisme avec la recherche du meilleur établissement », mais aujourd’hui, « les moteurs du contournement de la carte ont changé ». « Les parents d’élèves de classes moyenne et supérieure oscillent entre deux pôles : d’une part, la recherche de l’entre soi avec la volonté d’assimilation à des groupes sociaux assurant un leadership au sein de la société française et d’autre part, la valorisation de la mixité scolaire comme facteur d’intégration au sein de cette même société. »

Toutefois, le choix d’un établissement privé par défaut, lorsqu’une dérogation pour un autre établissement public n’a pu être obtenue, « ne peut être assimilé au choix positif d’un établissement privé », estime Olivier Brunel. Il n’en reste pas moins que l’école est aujourd’hui « un dû » alors qu’elle était autrefois perçue comme « un cadeau de la République ».

UN PEU DE MODESTIE

Jacky Simon, IGAENR honoraire, qui a exercé pendant six ans la fonction de médiateur de l’Éducation nationale, conclut : « Tout se passe dans la relation parents/enseignants comme si le dialogue (son absence ?) se faisait entre un analphabète et quelqu’un qui sait. Un peu de modestie de part et d’autre, et de renoncement à un positionnement institutionnel serait de nature à pacifier des échanges qui sont nécessaires et qui ne doivent pas aboutir à nier la place de chacun. »

Réaction de François Meroth

Continuer de creuser la trace de la relation parents-école...

Il me semble essentiel de continuer de creuser la trace "relations parents-école", comme le fait dans son article Jean-Yves Langanay. Etant parent moi-même, et pas enseignant, je touche du doigt cette difficulté à intégrer les codes, à entrer dans cette école. Non qu’il faille trop la livrer à tous les curieux. Mais il s’agit bien de faire se regarder les deux mondes, de les faire se rencontrer pour autre chose que les CA ou les Conseils d’ecole... Parlons d’enjeux, de pédagogie. C’est un peu ce que nous apprenons, esquissons, à l’ADEP. Merci M.Langanay

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