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Le PS est prêt à la " rupture " en matière éducative - [Education et Devenir]
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En matière éducative, le Parti socialiste semble prêt à la " rupture ". Le projet 2012 conserve les mesures et l’esprit du texte élaboré par le secrétaire à l’éducation, Bruno Julliard, adopté déjà sans modification dans la " Convention pour l’égalité réelle ", en décembre 2010.

C’est même deux ruptures que propose M. Julliard. Le système éducatif doit d’abord changer de logique. L’école républicaine a été créée pour dégager une élite. Dans la France du XXIe siècle, cette sélection vire trop souvent au tri, faisant de la méritocratie républicaine un élitisme brutal. L’objectif est de faire réussir tout le monde.

D’où la priorité affichée de lutter contre les inégalités et l’échec scolaire le plus tôt possible. C’est un objectif récurrent depuis vingt ans. Mais le PS se démarque en centrant ses efforts sur cet objectif. Le programme propose de relancer la scolarisation à 2 ans (tombée à 15 % des enfants) dans les zones difficiles, garantit le " lire-écrire-compter-cliquer ". Pour cela, la gauche promet de recréer des postes quand la droite en supprime, de revoir les rythmes scolaires en laissant les écoles ouvertes cinq jours par semaine.

En matière pédagogique, le PS propose de revoir de fond en comble un collège qui ne satisfait plus personne, notamment durant ses premières années. D’ailleurs, les moyens octroyés aux établissements devront dépendre des caractéristiques sociales et scolaires des élèves. Et le budget de chaque établissement sera connu.

La rupture peut toutefois paraître timorée sur certains points qui font consensus dans la communauté éducative. Ainsi, le PS ne parle pas de supprimer le redoublement mais de " l’éviter ". Il n’évoque pas la suppression des notes, mais une évaluation plus valorisante. Pas question non plus de fusionner école et collège dans " une école du socle commun " - " c’est trop tôt ", dit M. Julliard -, mais d’assurer une meilleure continuité.

De même, le PS n’hésite plus à parler d’autonomie pour les établissements. Mais il ne s’agit pas d’une autonomie managériale, mais pédagogique. L’idée est de donner " le pouvoir d’agir " aux équipes qui pourront répartir une part importante de leurs heures en fonction des besoins.

Reste que - et c’est la seconde rupture - sur un certain nombre de sujets sensibles pour les enseignants, le PS fait quelques pas audacieux. " Un nouveau contrat " sera négocié entre la nation et les professeurs.

" Nous ouvrirons le chantier des missions et de l’organisation du service des enseignants ", disait le texte de la Convention. Dans le programme final, c’est surtout une revalorisation qui est promise.

Benoît Floc’h
© Le Monde

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