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Echos du colloque du SNUIPP sur l'évaluation - Lyon le 7 avril 2011 - [Education et Devenir]
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Le colloque du SNUipp-FSU « Évaluer : parce qu’ils le valent bien ! » s’est tenu hier à Lyon.

L’occasion pour les 200 enseignants présents de réfléchir à une question professionnelle et politique.

Le SNUipp a consacré une journée à la question des évaluations, hier, à Lyon. Devant quelques 200 enseignants, Jean-Claude Emin, ancien responsable de la DEPP, Patrick Picard , Alexis Bisserkine de l’INRP et Anne-Marie Chartier, docteure en sciences de l’éducation, sont venus présenter leurs recherches, travaux et réflexions sur une pratique au cœur de l’institution.

« L’école a toujours évalué » a rappelé Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU « mais aujourd’hui, a-t-il ajouté, nous travaillons au mouvement de démocratisation, faire que les élèves issus des milieux les plus fragiles ne restent pas sur le bord de la route. Dans nos classes, nous avons besoin d’évaluer un élève pour lui même, pour l’aider à progresser et non pour le classer ou le sélectionner ». Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? reste une triple question sur laquelle l’école doit être au clair. « Et là, est bien la tension actuelle explique Sébastien Sihr. Les enseignants ont une image brouillée des évaluations parce que l’institution elle-même n’est pas lisible sur les finalités des modes d’évaluations qu’elle tend à imposer ».

L’institution vaut d’être évaluée

Jean-Claude Emin, ancien directeur de la DEPP a fait un panorama des évaluations réalisées sur l’école à l’échelle nationale en distinguant celles qui relèvent des évaluations diagnostiques et celles qui servent de bilan.

« Ces dernières servent à recueillir des connaissances sur le système pour réguler la politique éducative » a-t-il rappelé. Il en dénombre six : des évaluations CEDRE de la DEPP sur des échantillons d’ élèves de CM2 et de 3e, aux tests de lecture JDC en passant par PISA. Et il fait un constat : les écarts se creusent et le nombre d’élèves en difficultés croît.

Les évaluations diagnostiques, elles, ont pour objectif de cerner des difficultés des élèves et de construire les progressions adaptés. Il souligne à quel point les évaluations CE1 et CM2, telles qu’elles sont conçues, relèvent d’une confusion des genres.

Une usine à cases ?

Alexis Bisserkine et Patrick Picard ont travaillé à partir de questionnaires renseignés par des enseignants et ont mis en évidence la variété des pratiques en matière d’évaluation.

Notes, livrets, couleurs, commentaires... les enseignants utilisent des modalités multiples, fruits de leur formation, leurs expériences professionnelles, d’outils nationaux... ce qu’ils résument par le terme de « stratification » de l’évaluation. Les destinataires sont eux aussi multiples. Les évaluations, qu’ils qualifient de « sirotyphon », s’adressent tout autant aux enfants, aux parents, qu’à l’institution.

Ils ont aussi analysé ce que demande à l’enseignant de faire passer les évaluations CM2.

Ils soulignent que les enseignants ont une "relation amicale" avec les compétences ; relation remise en cause par le triptyque socle commun (2005), programmes (2008), Livret personnel de compétences (2011). Ce puzzle institutionnel oblige l’enseignant à articuler les compétences des programmes , les compétences du socle, les paliers du socle... Le livret de compétences apparaît alors comme une usine à cases.

Se rendre compte ou rendre comptes

Anne-Marie Chartier a, l’après-midi, rappelé que « les enfants n’ont pas le temps d’attendre ». Elle lie la conjoncture évaluationniste à une crise de compétences professionnelles des enseignants.

Elle a rappelé que certaines pratiques ne rentrent pas dans les protocoles d’évaluation ce qui provoque une perte de confiance par les enseignants dans leur propre compétence.

« Je sème et je moissonne est une philosophie impossible dans l’école » a-t-elle réaffirmé car le temps est nécessaire pour les apprentissages. Pour elle, aucun outil ne pourra correspondre à toutes les pédagogies à l’œuvre dans l’école et le non évaluable doit rester un investissement fort des enseignants ainsi que l’évaluation des progrès des élèves.

Travailler en équipe pour faire face

Pour clore cette journée, Sébastien Sihr a réaffirmé sa demande de remise à plat totale des évaluations CE1 et CM2. « Les enseignants ont avant tout besoin d’outils professionnels pour travailler sur la nature des difficultés que les élèves rencontrent. Nous sommes en première ligne dans cette bataille contre les inégalités scolaires. Dans nos classes, malgré les obstacles, nous ne devons rien lâcher. Et dans un tel contexte, nous devons être fiers de notre engagement professionnel. Le débat est loin d’être clos et nous devons poursuivre nos réflexions » a-t-il ajouté. Il a enfin replacé cette pratique professionnelle dans le cadre plus large du travail enseignant, objet du prochain colloque du SNUipp à Paris le 19 mai. « Travailler seul, ça suffit. Le collectif professionnel doit devenir une ressource pour faire face au quotidien au défi de la réussite de tous nos élèves. »

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