Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /home/users5/r/rebaudclaude/www/eduETdev_fr/config/ecran_securite.php on line 245
Archéologie : revisiter l'égalité de traitement - [Education et Devenir]
logo ED
slider slider slider slider slider

Et si l’éducation en général, et l’égalité à l’école en particulier, devenaient un des sujets phares de la prochaine présidentielle ? Que l’on se tourne vers les récents sondages ou vers les programmes politiques émergents, cette préoccupation d’une école juste, ciment d’une cohésion sociale à réinventer, semble s’imposer.

Car désormais tous les sondages convergent pour dénoncer une méritocratie de façade. Selon le sondage AFEV, deux tiers des Français pensent que la réussite scolaire dépend de l’origine sociale et, fait nouveau, 64 % du lieu d’habitation et de l’établissement fréquenté. Selon un autre sondage CSA-APEL, 42 % pensent que le collège ne garantit plus l’égalité des chances. Face au mythe d’une République méritocratique, une et indivisible qui se craquelle, l’UMP et le PS tentent de réinvestir tous deux le terrain de l’égalité scolaire.

Mais les concepts travaillés par les deux camps sont fort différents. A l’égalité des chances, concept classique de l’univers méritocratique, promue par l’UMP, le PS veut adjoindre une nouvelle égalité de résultats, dans l’enseignement obligatoire. D’un côté, il s’agit de créer un contexte scolaire propice à une compétition équitable, qui garantit que chaque élève, quelles que soient ses origines sociales, nationale ou son sexe, puisse accéder aux filières cotées. Cruelle, la méritocratie ne s’intéresse pas aux acquis des perdants de la compétition scolaire ni aux écarts d’apprentissage entre élite scolaire et élèves en difficulté. De l’autre, l’égalité de résultat postule qu’une école juste garantit à tous au sortir de la scolarité obligatoire un bagage culturel commun mais peut négliger les élites.

Egalité de traitement

Les politiques et propositions des deux camps reflètent ces conceptions différentes de l’égalité à l’école. Avec pour étendard les internats d’excellence pour les élèves défavorisés " travailleurs ", l’accès élargi des boursiers dans les classes préparatoires, une aide individualisée au compte-gouttes, des établissements de réinsertion scolaire et de futures filières professionnelles au collège qui risquent d’enfermer le destin des élèves en difficulté, la politique de l’UMP s’intéresse principalement à affranchir quelques jeunes " méritants " des ghettos scolaires. Le programme du PS, récemment publié, vise, lui, à redonner des moyens aux cycles scolaires fréquentés par tous - la maternelle à partir de 2 ans, le primaire et le collège, sous dotés en France. Peu est dit cependant sur les inégalités dans l’enseignement supérieur. Or, en 2009, la dépense par étudiant était deux fois plus élevée en classe préparatoire qu’à l’université. Aux côtés des concepts évolués d’égalité des chances et d’égalité de résultat, il est un vestige qu’il serait utile de mettre au jour en 2011 : l’archaïque concept d’égalité de traitement.

Nathalie Mons, sociologue, spécialiste des politiques éducatives, université Paris-Est-Marne-la-Vallée

barre

ACCES DES ADHERENTS

se connecter

(accès privilégié à nos
cahiers et publications)

MENTIONS LEGALES