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L'évaluation en fin de 5e ravive les craintes sur le collège unique - [Education et Devenir]
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La tentation d’exclure les moins bons élèves du collège ressurgit régulièrement dans une France qui pense son école pour l’élite. Depuis 2007, les expériences se multiplient. Quelques classes relais ont pu accueillir les décrocheurs, quelques établissements de réinsertion scolaire les perturbateurs.

 
 
 

La circulaire de rentrée 2011 instaure, à titre expérimental, des tests en mathématiques et en français












 

La tentation d’exclure les moins bons élèves du collège ressurgit régulièrement dans une France qui pense son école pour l’élite. Depuis 2007, les expériences se multiplient. Quelques classes relais ont pu accueillir les décrocheurs, quelques établissements de réinsertion scolaire les perturbateurs.


Cette fois, la circulaire de rentrée, véritable manifeste de la politique éducative à mettre en œuvre dès septembre, propose un dispositif d’une autre envergure puisqu’elle rend possible une orientation en fin de 5e. Dans ce texte publié au Bulletin officiel jeudi 5 mai, il est précisé qu’une " évaluation nationale sera expérimentée en classe de 5e dans les établissements volontaires au cours de l’année 2011-2012 ". Cette évaluation " portera sur deux compétences du socle commun. Proposée à mi-parcours de la scolarité au collège, dans le courant du troisième trimestre, elle permettra de disposer d’informations statistiques comme point d’étape entre les évaluations de CM2 et le diplôme national du brevet ", poursuit le texte.


Pour le ministère de l’éducation, l’objectif serait de baliser le parcours des élèves, de la maternelle à la fin du collège avec des évaluations régulières en mathématiques et en français, comme le font les Britanniques. " A l’heure actuelle, nous avons des évaluations en CE1, en CM2 et en fin de 3e. L’idée est d’ajouter le rendez-vous de 5e pour mieux connaître le niveau des élèves et remédier rapidement à leurs lacunes ", rappelle-t-on à la direction de l’enseignement scolaire.


Les syndicats n’y croient guère. " On risque fort de recréer le palier d’orientation en fin de 5e. Les élèves les plus en difficulté seront réorientés vers une voie de garage ", déplore Christian Chevalier, le secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UNSA.


Avant la création du collège unique en 1975 par René Haby, ministre de Valéry Giscard d’Estaing, une partie des collégiens était orientés vers des CAP en fin de 5e. Le collège unique a cassé lentement cela.


Les craintes de recréer ce palier d’orientation n’auraient sans doute pas été aussi vives si la circulaire de rentrée ne lançait pas également l’expérimentation d’une 3e " prépa professionnelle " pour " diversifier les parcours au collège ". Le ministre Luc Chatel avait annoncé ce dispositif le 26 avril, ainsi que des " aménagements " en 4e permettant une " découverte des métiers ".


" Confusion idéologique "


Enfin, la circulaire entend aussi " valoriser " l’apprentissage à travers un " dispositif d’initiation aux métiers en alternance ", le DIMA. Dès l’âge de 15 ans, les collégiens pourront désormais s’inscrire dans des centres de formation d’apprentis, tout en restant sous statut scolaire.


Au SNES (FSU), on estime qu’il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour voir dans tout cela " une remise en question, par petites touches successives, du collège pour tous. On peut craindre que les évaluations en fin de 5e soient utilisées pour organiser des parcours dérogatoires pour une partie des élèves ", note Monique Daune, secrétaire nationale du syndicat majoritaire des enseignants de collège et lycée.


Le SGEN-CFDT avoue, lui, y perdre un peu son latin. " La circulaire de rentrée, qui donne les grandes orientations de la politique éducative, commence dans ses premières lignes par prôner l’école du socle commun et crée ensuite un instrument qui pourrait remettre au goût du jour la sélection en 5e ! La confusion idéologique est totale. Que faut-il comprendre ? ", interroge le secrétaire général, Thierry Cadart.


Sans doute d’abord que Luc Chatel est mal à l’aise sur le sujet. L’UMP est partagée entre une aile droite qui veut préserver le côté " petit lycée " du collège actuel, quitte à écarter prématurément les élèves les plus fragiles ; et une aile modérée qui défend l’idée d’un collège capable de former tous les jeunes jusqu’à 15 ans et de leur donner les savoirs et les compétences jugées indispensables.


Reste que la société française a du mal à se faire à l’école pour tous. Ainsi, le sociologue François Dubet rappelle-t-il que " tous les sondages montrent que les enseignants restent favorables à un seuil d’orientation au niveau de la 5e. Trente-cinq ans après sa création, le collège unique n’est toujours pas entré dans les moeurs... "


Maryline Baumard et Aurélie Collas


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