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Une école fondamentale - [Education et Devenir]
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Le sujet de l’école fondamentale retenu en 2012 pour le colloque d’Education et Devenir peut retenir l’attention si d’autres partenaires sont sollicités ( associations de spécialistes, parents d’élèves, syndicats...)
Le pouvoir actuel poursuit une œuvre qui va à l’encontre de » l’ éducation pour tous » voulue par une République digne de ce nom ;mais il utilise les structures actuelles du système éducatif, bureaucratise et paralyse les volontés. S’indigner ne suffit pas, il convient de proposer et d’associer le citoyen à une œuvre essentielle.

Poser aujourd’hui le problème de l’école fondamentale obligatoire est une nécessité, les pouvoirs politiques ont engagé et médiatisé des réformes intéressant le lycée et les enseignements supérieurs surtout, laissant en l’état l’enseignement primaire et l’école moyenne. Cette dernière appartient toujours à l’enseignement secondaire traditionnel, elle reçoit cependant tous les élèves de 12 à 16 ans âge limite de l’obligation scolaire depuis 1959.

Aujourd’hui chaque citoyen a reçu une éducation commune marquée par des valeurs propres définies dans les savoirs transmis par les maîtres. Ces valeurs reposent sur le respect de traditions familiales diversifiées et de croyances ou convictions des parents.

La société s’est donné une école fondamentale conforme à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen ; elle contribue à transmettre des valeurs de respect de soi et des autres. Cette éthique républicaine d’apprentissage de la démocratie est fondamentale.

Il appartient à l’Association Éducation et Devenir d’affirmer avec le groupe des associations culturellement proches que cette école obligatoire est une institution appartenant à la Nation. Un état moderne, un pouvoir républicain ont la charge de la maintenir dans la pérennité, de l’adapter aux conditions dictées par les changements sociétaux, économiques et culturels. La politique à conduire est celle d’un investissement à moyen et long terme qui engage l’avenir des générations montantes. La responsabilité des pouvoirs est celle d’un état organisé qui, sauf à se détruire, ne peut confier au marché la charge d’éducation des enfants.

I – Une obligation républicaine : l’école pour tous

Avant d’être imposée l’école des paroisses et des congrégations était souvent offerte aux ruraux et aux habitants des bourgs et des villes. L’église toute puissante a entretenu ces écoles destinées en priorité à la transmission de l’histoire sainte et au catéchisme. Cette entreprise a distingué en les séparant les établissements pauvres des campagnes et ceux destinés à l’aristocratie et à la bourgeoisie possédante et éclairée. Cette séparation a évolué avec les siècles et s’est renforcée avec l’inégalité sociale.

La Révolution n’a pas perturbé l’ordre établi mais a inspiré une éducation nationale future, lui a transmis les principes de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Les projets de Condorcet, de Talleyrand, de Le Pelletier sont restés vivants chez les successeurs républicains. L’Empire a installé les structures d’un contrôle de l’Etat sur l’enseignement, l’Eglise a maintenu une présence discutée. Les tentatives de rétablissement d’une éducation contrôlée par l’autorité religieuse ont émaillé le 19e siècle, le système éducatif s’est étendu et transformé avec les changements dus à l’urbanisation, la montée en puissance du système industriel et le déclin des campagnes. Les inégalités sociales se sont renforcées influençant la séparation entre l’école du peuple et l’école des privilégiés.

La part républicaine de la bourgeoisie commerçante et intellectuelle a favorisé l’école organisée avec Guizot et V.Duruy ministres de la monarchie de juillet et du second Empire et instaurée par les lois républicaines de J.Ferry en 1881-82 l’école laïque et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans ; l’obligation était portée à 14 ans par le ministre du Front Populaire J.Zay.

Le Conseil National de la Résistance a proposé une éducation obligatoire jusqu’à 18 ans avec le Plan Langevin Wallon. Ce projet ambitieux dans tous les domaines fut délaissé à la Libération, mais en 1959 une ordonnance porte à 16 ans l’obligation scolaire.
L’école moyenne dans cette deuxième moitié du 20e siècle est restée inachevée , tous les élèves issus du primaire étaient reçus dans des structures pédagogiques inchangées.

II- Le collège pour tous :

Il se situe dans le prolongement de l’école primaire mais l’élève de 6e va devenir le préadolescent et se construire peu à peu avec les difficultés inhérentes à l’immaturité. Une pédagogie indifférenciée est la source des échecs scolaires. Les réponses faites à une situation d’hétérogénéité ont été marquées par les hésitations du système éducatif et des responsables politiques.

Construire une école moyenne obligatoire devrait imposer une identité sans réserve et l’adapter pour assumer la charge d’élèves différents ayant vocation à des destins scolaires et professionnels non moins différents.

Des filières se sont d’abord organisées, les unes confiées à des professeurs formés pour un enseignement secondaire et issus du CAPES, les autres confiées aux anciens professeurs d’enseignement général(PEGC). Le ministre Fouchet créait les CES en 1963 ; la réforme Haby institue le collège unique en 1975.

Le souci d’une égalité réelle à l’école est à l’origine de ces lois successives qui devaient aboutir à ce collège pour tous. Mais la réalité des inégalités a perduré dans l’école et entre les établissements.

Inégalités dans l’école : le maintien de la prédominance des disciplines et d’une évaluation vouée à un système discutable de notation et à une hiérarchisation des matières enseignées sans que soit remise en question des classifications d’élèves voire élimination des plus faibles.

Inégalité entre les établissements : celle-ci a été portée par la carte scolaire dessinée en 1963. La différence entre collèges a été soulignée par ce qu’il faut appeler l’opinion publique en priorité celle des parents, soutenue et entretenue par les médias. Le système scolaire est évalué sans cesse et sans critères définis et admis.

La sociologie des quartiers est à l’origine des différences imputées et des classements où le spectaculaire l’emporte. : « on ne compare pas le ler cycle résiduel des lycées des centres villes et les collèges de banlieues « 
Cette inégalité s’est accentuée avec la suppression récente d’une carte scolaire qui avait quelques vertus de rapprochement géographique et peut être d’identification avec l’environnement humain.
Là encore le spectacle l’emporte sur la réalité.

III – Un apport récent : le socle commun de connaissances
et de compétences

Il a été introduit dans le cadre de la loi de 2005 et mis à jour en 2010.
Ce socle présente ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. Les sept compétences sont à acquérir dans les domaines des connaissances traditionnelles, des techniques usuelles de la communication et de l’information, des cultures humanistes, sociales et civiques, des acquis en autonomie et de l’initiative.
Un livret personnel de compétences accompagne chaque élève et est complété jusqu’en classe de 3e depuis l’entrée à l’école primaire.

Cette démarche pédagogique nouvelle pourrait être un élément pour la cohérence de l’école fondamentale obligatoire et pour un collège aux structures adaptées faisant la place à chacun.
Le socle commun n’est pas adopté sans réticence, la volonté politique fait défaut , en outre il est délaissé par les médias beaucoup d’acteurs responsables sont réservés. Cette pusillanimité, cette retenue nouvelle dans une mise en application appartient à tous : associations, syndicats et pouvoirs.

IV – Les conditions pour une école adaptée

1- Donner du sens à l’éducation c’est s’entendre sur les valeurs à transmettre à l’élève. Antoine Prost a souligné que le message peut passer même si ce qui est dit est implicite. Chaque maître est impliqué à tout instant ; les contenus culturels ne sont jamais neutres et s’inscrivent dans une adhésion humaniste, républicaine, laïque et respectueuse des convictions intimes. Les Droits de l’Homme et du Citoyen, une démocratie toujours à perfectionner sont pour l’école des valeurs à transmettre.
Le respect de l’autre est à l’épreuve des échanges dans les travaux de groupe où l’écoute est primordiale . La responsabilité de l’école passe par un engagement interrogatif avec et sur les moyens nouveaux de communication et leur maîtrise.
La morale du dialogue, chère à Camus, est une ouverture à l’éthique.

2- Un établissement scolaire identifié :
Le collège appartient à un territoire, à une société de parents, d’entreprises, de communautés. Son autonomie souhaitée est à définir, mais elle est pédagogique dans une recherche innovante d’accompagnement de l’élève . Sa relation avec d’autres établissements proches, de même nature peut s’inscrire dans des actions de mise en réseau.. L’autonomie seule ne suffit pas .

3- Des formations initiales et permanentes des chefs d’établissements et des professeurs de ces écoles moyennes sont évidement nécessaires. Formations spécifiques et activités pédagogiques différenciées pour cette école moyenne fondamentale s’imposent. La question mérite d’être posée par les acteurs eux-mêmes dans une réflexion collective.

Le sujet de l’école fondamentale retenu pour les journées annuelles d’Education et Devenir peut retenir l’attention si d’autres partenaires sont sollicités, en particulier ceux qui sont habituellement en contact : associations de spécialistes, parents d’élèves, syndicats.

Le pouvoir actuel poursuit une œuvre qui va à l’encontre de » l’ éducation pour tous » voulue par une République digne de ce nom ;mais il utilise les structures actuelles du système éducatif, bureaucratise et paralyse les volontés.

S’indigner ne suffit pas, il convient de proposer et d’associer le citoyen à une œuvre essentielle.

Georges Roche
Lyon le 10 mai 2011

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