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colloque sur la "constante macabre". Entretien avec André Antibi - [Education et Devenir]
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Colloque Antibi : Combien de leviers pour soulever la constante macabre ?

Par François Jarraud

Samedi 14 mai, le colloque organisé par le Mouvement contre la constante macabre (MCLCM) d’André Antibi a réuni 150 participants : ministère, inspection, enseignants, syndicats, parents, élus locaux, parlementaires et militants du MCLM venus de France et de l’étranger (Maroc, Espagne, Tunisie, Belgique, Afrique subsaharienne). Un succès qui montre la vitalité du Mouvement. Mais est-il suffisant pour que les choses changent vraiment sur le terrain ?

JM Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire, Isabelle This Saint-Jean, vice présidente de la région Ile-de-France, Jacques Grosperrin, député et auteur d’un rapport sur le collège, Jean-Louis Auduc, directeur adjoint d’IUFM, Jean-Jacques Hazan de la FCPE, Philippe Joutard, historien, Jacques Moisan, ancien doyen des IG de maths : tous soutiennent l’évaluation par contrat de confiance mise au point par A Antibi pour lutter contre la "constante macabre".

Celle-ci se traduit par le fait que les enseignants semblent obligés, pour être crédibles, de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans les classes de bon niveau. Le système de notation implique que certains élèves, souvent la moitié, aient "moins que la moyenne". "On pense qu’une répartition de notes est un phénomène naturel, et donc qu’il est normal qu’elle donne lieu à une courbe de Gauss", explique A Antibi. Les résultats sont connus : sentiment d’injustice chez les élèves et aigreur des relations entre professeurs et élèves, perte de confiance en soi des élèves, échec scolaire.

L’EPCC. Pour y remédier, André Antibi a imaginé l’évaluation par contrat de confiance (EPCC). Celle-ci repose sur un programme de révision explicite : une semaine avant le contrôle les élèves disposent d’un programme de révision précis et un ou deux jours avant le contrôle un jeu de questions - réponses permet de déceler les difficultés. L’EPCC s’appuie donc sur les usages scolaires en travaillant de façon plus rigoureuse la préparation à l’évaluation.

Interrogé par le Café, André Antibi a bien voulu faire le point sur la diffusion de l’EPCC et ses objectifs.

"Ca avance bien depuis 2003. En ce qui concerne l’existence de la constante macabre, on peut considérer que notre action a été efficace", estime A Antibi. "Si je me contentais d’être un mouvement pédagogique, je pourrais être heureux avec 30 000 enseignants utilisant l’EPCC. Mais mon objectif c’est de lutter pour éviter la souffrance des élèves et ce qui pourrit l’éducation nationale. Il y a bien sur d’autres problèmes. Mais régler celui-là est nécessaire pour voir plus clair sur les autres. Malgré les efforts de notre mouvement (MCLCM), la majorité des enseignants se trouve encore en dehors de cette problématique.

Le ministère vous soutient-il ?

Oui et c’est un soutien très important. Mais ce qu’on attend maintenant ce sont des instructions officielles ou un texte qui reconnaisse la constante macabre. Il ne s’agit pas de contraindre les enseignants. Mais d epermettre que l’EPCC existe et que la confiance se rétablisse entre profs et élèves et aussi entre professeurs et décideurs. Parce que quand j’interroge les enseignants à la fin de mes conférences 96% reconnaissent l’existence de la constante macabre et 89% sont pour l’EPCC. Et cela montre la capacité des enseignants à se remettre profondément en cause. J’en ai assez qu’on dise qu’ils sont incapables de bouger. Qu’on leur donne un texte officiel. On n’est pas déçu par le ministère mais on attend plus.

Il y a eu au début de cette année un appel pour supprimer les notes. Qu’en pensez vous ?

Cet appel montre à quel point les gens en ont assez du système de notation actuel. Pour moi entre la suppression et le maintien du système traditionnel, je choisirais la suppression. Mais en réalité cça ne marcherait pas et c’est un faux débat. Ce qu’on propose avec l’EPCC c’est une solution réaliste et concrète.

L’évaluation par compétences qui est mise en place aujourd’hui n’est elle pas une autre réponse ?

En réalité avec elle on oblige les enseignants à mentir en remplissant des grilles. L’évaluation par compétences a l’avantage de réfléchir sur l’évaluation, de la découper en morceaux. Par contre elle risque de ramener l’évaluation en arrière en obligeant à un tout ou rien qui n’évalue pas réellement les acquisitions. Il faudrait une évaluation par compétences plus réaliste. L’EPCC peut y participer. C’est aussi un bon outil, comme l’a montré le colloque, pour le soutien scolaire et l’accompagnement personnalisé.

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