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Luc Châtel s'interroge après sa visite au coeur de l'école finlandaise - [Education et Devenir]
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L’école rêvée de Luc Chatel Synthèse | LEMONDE | 19.08.11 | 16h27 • Mis à jour le 19.08.11 |
Helsinki Envoyée spéciale -
 
 
 
Aller chercher au pays du Père Noël des idées pour améliorer l’école française...
Le ministre de l’éducation, Luc Chatel, a fait sa prérentrée au côté des têtes blondes d’Helsinki, mercredi 17 et jeudi 18 août. Sa mission : interroger l’école triple A, celle qui caracole en tête des évaluations internationales depuis une dizaine d’années. Au-delà du 60e parallèle, l’institution peut, au premier abord, paraître assez exotique.
 
Si Xavier Darcos, précédent locataire de la rue de Grenelle, avait un peu buté sur les alignements de chaussures à l’entrée des classes primaires - l’idée d’une France conjuguant et calculant en chaussettes ne l’inspirant guère -, Luc Chatel, lui, ne s’est offusqué de rien. Il a beaucoup écouté et interrogé en détail sur les fonctionnements.
 
Lorsqu’un principal lui rappelle que les cours ne durent que 45 minutes, mais que, pendant les 15 minutes libres, l’enseignant surveille lui-même la récréation, il ne sourcille pas. Quand le responsable éducation de la ville d’Helsinki raconte comment les écoles embauchent leurs enseignants, le ministre prend des notes. Lorsque, sur le tableau interactif d’une classe de l’école d’Itäkeskus, apparaît dans l’emploi du temps des élèves un "trou" de 8 à 9 heures le jeudi et que le directeur explique qu’à ce moment-là, "tous les enseignants travaillent ensemble à améliorer le bien-être dans l’école", là encore, le ministre note. Avant de s’entendre expliquer les modalités de l’attribution de la part variable de quelque 20 % de la rémunération des enseignants par la proviseur du lycée franco-finlandais, Riitta Liimatainen. "Nous avons une discussion annuelle au cours de laquelle nous élaborons des objectifs. J’évalue ensuite si le travail est bien mené. Mes adjoints assistent parfois aux cours, je tiens compte des retours des élèves et puis je vois bien qui participe aux projets", rappelle-t-elle. Là encore, le ministre prend note sans sourciller. Esprit de synthèse oblige,
 
Luc Chatel fait vite sa moisson de ces rendez-vous successifs. En fait, le ministre lit en filigrane dans ce modèle ce que pourrait être l’école française de l’après-2012, en cas de victoire de l’UMP à la présidentielle. Beaucoup plus d’autonomie, c’est sûr, de déconcentration, aussi, mais ce n’est pas tout. "Il faut que la campagne pour l’élection présidentielle soit l’occasion de s’interroger sur les missions des enseignants du XXIe siècle. Il faut qu’on les définisse clairement. Nous, les politiques, n’avons pas été bien courageux depuis vingt-cinq ans. Nous voulions penser qu’en mettant plus d’argent, on pourrait faire l’impasse sur la réflexion. C’est faux. Et aujourd’hui, on arrive à une déperdition énorme. Les enseignants sont des gens formidables, engagés. Mais pour qu’ils soient plus efficaces nous devons repenser leur mode de travail." Luc Chatel verrait bien ce débat-là s’inviter dans la campagne présidentielle. Mieux, il rêve d’un "contrat" passé avec le pays pendant cette campagne suivi d’une redéfinition consensuelle du métier de professeur en 2012. A ses yeux, la France a suffisamment mûri pour cela. S’agira-t-il de la porte d’entrée choisie par le chef de l’Etat pour appréhender le sujet de l’école ? Ou bien préférera-t-il mettre en débats les rythmes scolaires, qui sont en attente ? Les mois à venir le diront.
 
Luc Chatel a aussi profité de ce détour nordique pour faire son bilan. Tout à coup, il lui a semblé évident qu’il avait déjà un peu "finlandisé" l’école française... Comme M. Jourdain et sa prose, il ne l’avait pas encore remarqué - nous non plus -, mais, sous la lumière du Nord, c’est devenu évident à ses yeux. "Ce voyage me conforte dans l’idée que nous sommes dans la bonne voie. Les deux heures d’aide que nous offrons aux élèves ressemblent beaucoup au soutien que les Finlandais dispensent dès les premières difficultés... Lorsque, grâce à la réforme du lycée, nous laissons les proviseurs gérer comme ils le souhaitent 25 % de leur dotation horaire, nous offrons aux lycées une vraie part d’autonomie, comme les écoles que j’ai vues à Helsinki. Quand je contractualise avec les recteurs, je vais au plus près du terrain, je fais confiance ; comme le font les Finlandais", conclut le ministre, avant d’ajouter que, rassuré sur ses choix, il allait pouvoir "aller plus loin" dans ce sens. Il est rassurant de penser que "finlandisation" ne peut que rimer avec "amélioration".
 
Et pourtant, l’école finlandaise ne ressemble guère à la nôtre. Dans l’esprit, c’est même l’antithèse. Dans un pays où le ministre de l’éducation est un ancien métallurgiste et la ministre de l’économie une ancienne institutrice, l’école se moque bien de faire émerger une élite. En revanche, cette société nordique ne tolère pas l’analphabétisme. Dès le XVIe siècle, un pasteur se devait de vérifier si les futurs époux savaient lire et écrire avant de prononcer leur mariage. Entre culture et formation, la société finlandaise a aussi tranché. La formation des individus relève de la responsabilité de l’école. La culture, à l’inverse, est un choix personnel, même si son accès est facilité. La société n’exige donc pas de l’école qu’elle produise des élèves cultivés. Une autre différence de taille avec le "modèle" éducatif français. Maryline Baumard
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