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sondage UNSA sur le malaise des jeunes enseignants - [Education et Devenir]
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Jeunes profs : Un présent qui ne prépare pas l’avenir 

Par François Jarraud

Incompris. Sous-payés. Bouc-émissaires. Ce diagnostic est celui des jeunes professeurs sur leur métier tel qu’il apparaît dans le sondage réalisé par le Se-Unsa auprès de 4 898 "jeunes enseignants" (moins de 35 ans) publié le 4 octobre 2011. Les jeunes profs aiment bien leur nouveau métier mais sont très insatisfaits. On retiendra par exemple la paye,  le désarroi devant certaines situations professionnelles et la  demande d’une seconde carrière.

L’enthousiasme est bien présent puisque 75% des enseignants assurent le vivre dans leur métier et même 19% "énormément". Seulement 21% "ne s’éclatent pas" dans le métier.

Mais les insatisfactions sont aussi là. Le premier motif d’insatisfaction c’est la paye. 69% des jeunes enseignants estiment ne pas bien gagner leur vie. Le pouvoir d’achat est leur première préoccupation. 74% ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus. Ce n’est pas vraiment un paradoxe : 72% travaillent plus de 40 heures par semaine. Seulement 5% se déclarent aux 35 h.

Autre motif d’insatisfaction : l’encadrement. C’est un des principaux motifs de stress au travail. 82% ne sont pas satisfaits de la façon dont l’éducation nationale les gère. Les enseignants se sentent maltraités par la société et les médias.

Enfin il y a les difficultés liées au métier et à la maigreur de la formation. 69% se déclarent mal formés. La moitié des jeunes enseignants (44%) estiment ne pas être capables de faire progresser leurs élèves et c’est évidemment un énorme motif de frustration. 90% ne savent pas comment accueillir un enfant handicapé.

Le désir de fuite est bien présent. La moitié ne se voit pas enseigner jusqu’à la retraite et un tiers n’est pas satisfait de son affectation. Un prof sur deux est intéressé par une seconde carrière. On sait ce qu’est devenue cette promesse... Doit-on rattacher ici le fait que près de 80% des enseignants sont partants pour un stage à l’étranger ?

Ces jeunes enseignants mêlent trait générationnel et esprit de corps. 85% d’entre eux sont attachés au syndicalisme et une infime minorité seulement "subit" les syndicats. Le trait générationnel a à voir avec Internet : c’est la première source d’information pour ces enseignants, devant la radio puis la télévision.

 Quels enseignements tirer de ce sondage ? Le premier c’est que le "malaise enseignant" sensé toucher les enseignants vers la quarantaine est présent plus tôt que prévu. Tous simplement parce que le discrédit jeté sur le métier se lit chaque mois sur la feuille de paye. Les enseignants savent que leur niveau de vie recule. Ils savent aussi depuis quelques semaines qu’il est un des plus bas de l’OCDE. Sur ce terrain une autre information mérite d’être relevée : les enseignants ne veulent pas travailler plus parce qu’ils travaillent déjà énormément. Il n’y a pas de gain à attendre d’une "intensification du travail enseignant"...

Pour le Se-Unsa, le sondage met en avant également le manque de formation. " Leur regard sur leur formation n’en est que plus dévastateur. Pour plus des deux tiers, leur formation professionnelle ne les a que peu ou pas du tout préparés aux réalités du terrain. Il est intéressant de constater que plus on est jeune, plus la proportion d’insatisfaits augmente. C’est la confirmation de ce que nous percevions depuis des mois. Tous les ingrédients sont réunis pour gâcher ce que l’on pourrait quasiment qualifier de vocations".

Comment conclure ? Pour le Se-Unsa, " nos jeunes collègues témoignent d’une vision distanciée et lucide du rôle et des responsabilités d’une organisation syndicale". Ils sont attachés à un syndicat qui "fasse des propositions" et soit "médiateur". Ca tombe bien c’est l’identité que revendique le Se-Unsa.

François Jarraud

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