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Concert médiatique ? - [Education et Devenir]
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Concert médiatique !

 

60 000 postes ou pas ? Redoublement ou non ? Discussions à l’envie sur le coût de telle mesure. Promesses folles ou sens des réalités ? Les médias et les hommes et femmes politiques sont engagés dans une course qui va les amener à l’élection présidentielle de mai 2012.

 

Mais réduire un débat sur l’éducation à quelques slogans est tout à fait regrettable. Derrière cette agitation, transperce une réalité, celle d’un système éducatif de plus en plus controversé (enquêtes Pisa, OCDE….) et critiqué et qui pourtant fonctionne bien pour 50% des élèves. Mais il privilégie une élite autoreproductrice et élimine 150 000 adolescents tous les ans, qui sortent sans formation et vont errer à la recherche d’un emploi hypothétique. 30 ans de massification n’ont pas permis une réelle démocratisation du système : rappelons que l’expérience de Sciences-Po Paris n’a pas fait augmenter de manière significative le pourcentage d’étudiants issus des classes populaires. La véritable sonnette d’alarme est le nombre de candidats aux concours d’enseignants : dans certaines matières, moins de candidats que de postes ! Le métier d’enseignant n’attire plus.

60 000 postes sans toucher au métier enseignant, ce serait prendre le risque d’arroser le sable

La période actuelle est favorable aux promesses, mais les candidats républicains à l’élection présidentielle savent que leur marge de manœuvre est limitée. Quelles sont les questions essentielles à poser aux candidats ? En premier lieu, qu’ils réaffirment clairement leur choix d’une école républicaine, laïque et donnant à chaque élève les mêmes droits.

Ensuite, le chantier qui se présente à eux est grand, mais E&D affirme qu’il y a des priorités : Reprendre la formation initiale (disparue dans les limbes) associant savoirs théoriques et stages en responsabilité, donner à chaque enseignant la possibilité d’une véritable formation continue inscrite dans la loi depuis près de 40 ans et réduite à portion congrue, au nom de contraintes budgétaires.

Donner une priorité réelle à l’école du premier degré : école maternelle pour tous les enfants à partir de 3 ans, et possibilité de scolarisation dès 2 ans, école primaire où il faut remettre des postes (la France a le ratio européen le plus élevé d’enseignants par rapport aux élèves : 1 pour 25 …) et donner aux professeurs des écoles la possibilité de mettre en place le socle commun sans les accabler par des injonctions multiples et parfois contradictoires : ils doivent pouvoir faire réussir tous leurs élèves en développant leur autonomie.

Repenser le collège unique, essentiel, mais l’inscrire dans la continuité de l’école primaire, dans son fonctionnement, apprentissages, relations aux élèves, afin que ces derniers ne soient pas dans un faux petit lycée, mais dans une école qui correspond à leurs besoins et à leur âge.

Mettre en place une véritable autonomie collective des établissements scolaires (mettre fin à la recentralisation actuelle et au poids renforcé de la hiérarchie ministérielle). Il s’agit de donner aux chefs d’établissement une véritable marge de manœuvre qui leur permettra de mettre en place un projet éducatif qui correspond aux besoins du territoire de l’établissement, avec le conseil d’administration et le conseil pédagogique. (Cela n’a rien à voir avec la concurrence entre établissement et avec un chef d’établissement tout puissant).

Dans ce contexte précis, les missions des enseignants évolueront d’elles-mêmes (elles le font déjà), mais l’institution doit reconnaître les désirs, compétences des uns et des autres en les insérant dans un projet d’établissement cohérent.

 

Enfin, il ne faut pas oublier que l’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage : l’établissement doit être inséré dans un territoire éducatif où chacun a un rôle : parents, associations d’éducation populaire, collectivités territoriales, ce qu’on peut appeler le temps éducatif de l’enfant qui est partagé entre différents acteurs. La véritable mise en synergie de tous libérerait des énergies et donnerait de la cohérence aux apprentissages de l’enfant et adolescent. Là encore, l’autonomie est nécessaire.

Nous ne sommes pas les seuls à formuler ces propositions : l’appel de Bobigny signé par de nombreuses associations et 60 communes, le projet du CAPE portent sur les mêmes points. Cette communauté de réflexion et de proposition est exceptionnelle. Souhaitons simplement que les candidats à l’élection présidentielle l’entendent. Il y va de l’avenir de l’école et donc des valeurs qui construisent une société démocratique.

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