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B. DESCLAUX : Appliquons aux élèves les conditions d’évaluation des enseignants - [Education et Devenir]
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http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2011/12/14/appliquons-aux-eleves-les-conditions-devaluation-des-enseignants/


La revue Education & Devenir vient de publier un très beau texte en réaction au projet de réforme de l’évaluation des enseignants. A l’occasion des manifestions du 15 décembre, il nous semble intéressant de lire ce texte dans la perspective des débats qui seront à mener à propos de l’évaluation des élèves.

Des conditions d’une évaluation des enseignants

Les auteurs ne refusent pas toute évaluation des enseignants. Mais elle doit se faire sous certaines conditions :



  •  La conception de l’évaluation doit être en rapport avec celle du métier enseignant. Elle doit même y contribuer.
  •  L’évolution du fonctionnement de l’établissement fait que « la séparation administratif/pédagogique ne tient plus » (p. 2). La coopération est nécessaire entre ces deux instances.
  •  Enfin, cette évaluation ne peut se faire sans « un nombre significatif » de personnel.


Et les auteurs concluent d’abord par cette formulent synthétique : « L’évaluation des personnels doit donc contribuer au succès des élèves, au développement professionnel des enseignants et à la promotion d’une éthique de responsabilité. » (p. 4), puis en formulant trois propositions que nous nous permettons de reprendre in extenso :


  1. 1. Déconnecter les évaluations individuelles des enjeux financiers : il n’y aurait aucune difficulté à ce que tous les enseignants changent d’échelon au même rythme. Il est d’autres façons de reconnaître les compétences et l’investissement individuel, à condition d’un projet global sur le nouveau service et les missions des enseignants ainsi que d’une autonomie des établissements, au sens où nous l’entendons, une autonomie qui leur accorde des marges de manœuvre significatives en termes de moyens : ainsi une des fonctions de l’évaluation viserait à définir les services, dans l’intérêt des individus et de l’établissement.
    2. Les procédures d’évaluation doivent donner une large place au collectif : l’autoévaluation ne peut pas qu’être individuelle. Il faut l’accompagner d’une auto-évaluation des équipes pédagogiques, laquelle doit participer à la construction du projet d’établissement. Le chef d’établissement ne peut pas être le seul évaluateur. Il faut croiser les regards de la direction de l’établissement avec celui des inspecteurs, qui gagneront à intervenir dans le même établissement en équipe, de façon interdisciplinaire.
    3. L’évaluation ne peut être dissociée de la formation : de façon à éviter les dérives et à rendre le même service dans tous les établissements, la formation à l’évaluation des équipes et des individus, en particulier à la conduite des entretiens de progrès doit être une priorité des échelons académiques et doit devenir un point fort des plans de formation commune des chefs d’établissements et des inspecteurs. (p. 4)


Un parallèle avec l’évaluation des élèves

Le premier thème est au fond qu’il est nécessaire de distinguer l’évaluation de l’utilité institutionnelle de celle-ci.

Actuellement l’évaluation sert à différencier les personnels. Enfin c’est ce qu’elle voudrait faire… Mais pour ce qui est des élèves, il en est de même : l’évaluation sert à différencier les élèves à fin de gérer leurs parcours scolaires, de les orienter dans différentes formations, hiérarchisées, et donc atteignables selon le rendement scolaire essentiellement évalué par les notes.

Ce serait donc bien si l’on veut faire évoluer l’évaluation des enseignants d’utiliser le même argument pour l’évaluation des élèves : l’évaluation se doit d’être d’abord formative avant d’être discriminante.

Le deuxième thème est l’idée que l’évaluation ne peut reposer sur un seul individu évaluateur.
Derrière cela il y a l’idée du danger de l’exercice d’un pouvoir sur l’autre par un seul. Inutile de développer. Pourquoi ne pas dire la même chose de l’évaluation des élèves ? Parce que ce sont des élèves, et donc des mineurs institutionnels (même s’ils sont majeurs dans le réel pour certains). Ajoutons que l’horizon du socle commun suppose une évaluation « partagée » par plusieurs, bien difficile de considérer qu’une compétence se trouve travaillée exclusivement au sein d’une matière.

L’évaluation des élèves se doit donc d’être collective. Précisons que le conseil de classe est une apparence de collectif. Chaque enseignant s’y trouve protégé par sa discipline. Personne ne peut remettre en question son évaluation, sa méthode…

Enfin l’évaluation est un acte professionnel qui doit s’acquérir par une formation. Je ne suis pas sûr que l’évaluation de l’élève fût une pratique « apprise » dans le champ de la formation professionnelle des enseignants, quand elle existait. Mais je ne suis pas sûr non plus que les enseignants éprouvent cette nécessité. J’ai malheureusement se sentiment que l’évaluation soit considérée comme une pratique personnelle, une pratique artisanale, bricolée. Je risque de me faire des amis…

Bernard Desclaux


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