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Ecole cherche projet désespérément ! - [Education et Devenir]
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La démocratisation de l’enseignement, l’élévation du niveau de connaissances et de savoir faire de l’ensemble de la population, objectif majeur, fondateur de notre république est aujourd’hui en panne. Si nous sommes parvenus à accueillir la quasi totalité de chaque génération dans l’école, nous sommes encore très loin du but quant à la réussite de tous, en particulier pour les couches défavorisées de la société.

Pourtant il s’agit d’une finalité à la fois humaniste et socio économique, déterminante pour l’avenir de notre pays.

Au fil des mois qui précèdent les élections présidentielles, E&D et ses partenaires alimentent la réflexion sur l’Ecole, posent des questions aux politiques, en vue de refonder l’Ecole, de lui donner une ambition à la hauteur des enjeux. Silence. Silence des politiques, silence des médias.

 

On pourrait penser que les candidats de droite, prêts à démanteler le service public, négligent de s’adresser aux enseignants, qui ne forment pas leur cible électorale, et constituent une variable de la politique d’austérité. On pourrait imaginer que ceux de gauche préfèrent rester prudents avec une frange de l’électorat qui lui est acquise et qu’il ne faut pas détourner du vote utile.

 

Nous redoutons que le mal ne soit plus grave. Depuis de nombreuses années que dans nos colloques, séminaires, tables rondes, nous invitons des politiques, et non des moindres, nous constatons qu’ils en restent au diagnostic et qu’il n’ont aucune vision d’ensemble sur l’élan à donner au système éducatif, aucune véritable proposition sur le comment faire.

Or le diagnostic, du rapport Prost aux rapports Soubré, Lesourne, Thélot, Pair, jusqu’aux plus récents, est fait depuis longtemps. La question est : que faire ?

 

Que faire pour construire pour tous le même réel accès à l’éducation ?

Que faire pour permettre de garantir les acquis et de reprendre, quel que soit le niveau atteint, le chemin des apprentissages ?

Que faire pour associer toutes les forces d’un territoire (institutions culturelles, collectivités, parents, associations, élèves, entreprises) à la réussite de tous ?

 

On connaît ce qu’il ne faut plus faire. Décider au 110 de la rue de Grenelle que dorénavant la solution réside dans l’accompagnement personnalisé, ou le socle commun pour constater quelques années après que ces « belles formes » reposant, immobiles, dans le ciel platonicien du Ministère, n’auront donné que de pâles copies, voire y seront restées !

 

Comment faire alors ?

 

  1. Faire confiance au niveau local non pour s’affranchir de la tutelle de l’Etat mais pour introduire « mieux d’Etat ». Mieux d’Etat pour
  • Mettre en œuvre un plan de formation au métier, intercycles, bassin par bassin.
  • Définir des contenus d’enseignement à partir de projets
  • Accompagner les enseignants dans leurs initiatives
  • Construire des stratégies éducatives de réussite avec la participation de toutes les forces du territoire.
  • Faire des établissements des pôles de ressources dans leur territoire.


Pour cela, il devient évident qu’il faut changer les missions des recteurs, des inspecteurs pédagogiques et des inspecteurs généraux. Il ne s’agit plus d’être les dépositaires des « formes », et des « pratiques idéales » mais, selon leur niveau d’intervention, des catalyseurs de réussite, des collectionneurs de solutions, des diffuseurs, des mutualisateurs, des consultants, des cadres de l’évolution des métiers de l’éducation.

 

  1. Donner un nouvel élan à l’établissement scolaire, seul lieu où peut se construire et perdurer une vision commune, où les acteurs peuvent être clairement identifiés.
  • Accorder aux établissements une marge de manœuvre en heures postes qui permettent de confier aux enseignants des missions dans la temporalité des projets.
  • Mailler l’établissement et les réseaux d’établissements de nouvelles fonctions, y compris de nouvelles fonctions accordées aux élèves et aux parents.
  • Mettre les établissements et réseaux d’établissements, « structures apprenantes », en chantier de création pédagogiques. Pourquoi ce que l’on sait faire aux plans des programmes ou des examens, ce qui se fait dès aujourd’hui dans le secteur des STI2D, ne pourrait-il, si l’on en a la volonté, se généraliser ? Il est possible de construire une « école, work in progress ».


 

Certes, convient-il dans l’immédiat de limiter la casse mais cela ne peut suffire à moyen et long terme. Une vision claire des buts à atteindre comme de ce que peuvent aujourd’hui les personnels est requise au niveau national.

Rien ne saura évoluer par décret. Inventer de nouvelles pratiques suppose de savoir se « hâter avec lenteur », de donner des orientations claires, de laisser aux équipes des marges d’ajustement et de proposer des moyens réels de négociation pour organiser les situations d’apprentissage les plus appropriées aux besoins des élèves

Faire connaître et partager les ressources et les outils : psychologie des groupes, psychologie cognitive, construction de situations d’apprentissage, analyses de pratiques, définition des compétences, … Ainsi se dessine un plan de formation à moyen terme avec tous les personnels en place et un plan à court terme pour tous les candidats aux métiers de l’éducation.

 

  1. Réformer en aval les validations finales. Les parcours scolaires doivent être garantis au fur et à mesure. Sinon, le but de la course (le bac, le DNB, …) rétroagit sur le processus. Les élèves doivent pouvoir valider des compétences ou des niveaux de maitrise des connaissances tout au long de leur scolarité et ainsi, pour les plus fragiles, capitaliser des degrés leur permettant une formation tout au long de la vie.


 

Il n’est pas suffisant de parler de réformes nouvelles, il s’agit avec les forces en présence (les personnels de l’éducation nationale sont non seulement compétents mais encore véritablement dévoués), d’atteindre le possible. Pour cela nous aimerions entendre, de la part de ceux qui affirment être en capacité de diriger et de faire progresser le pays tout entier, deux idées simples.

  • D’une part l’expression d’une ambition nationale : les grandes visées, la régulation en termes d’équité, et ce qui en découle en termes de programmes (en liaison avec l’évolution du monde), de recrutement, de formation.
  • D’autre part, une stratégie coordonnée pour le niveau local, en laissant à celui-ci le maximum d’initiatives et les moyens de l’évaluation et de la régulation.


 

Nous attendons du politique, pour l’éducation, une démarche de progrès, à l’échelle de l’ensemble du territoire, un effort national, inscrit dans une grande loi d’orientation et de programmation, pour la réussite de l’Education.

 

 

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