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Vincent PEILLON, nouveau Ministre de l'éducation - [Education et Devenir]
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L’eurodéputé Vincent Peillon, agrégé de philosophie, se voit récompensé de son travail durant la campagne sur la priorité » de François Hollande. Désormais chargé du délicat dossier des réformes à l’Éducation nationale, le ministère qui aura aussi le plus de moyens.
Vincent Peillon - AFP

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Cette fois-ci, Vincent Peillon n’a pas vu lui échapper ce qu’il espérait. A bientôt cinquante-deux ans, celui qui a jadis déclaré que « s’agissant des gens de mon âge, on peut dire que le parti a dévoré ses propres enfants », accède enfin à un ministère. Et de taille. Puisque le responsable du pôle Éducation, Jeunesse, Enseignement supérieur et Recherche dans l’équipe de campagne de François Hollande devient ministre de l’Education nationale, numéro trois du gouvernement. Rescapé, après avoir craint que Martine Aubry n’obtienne un grand ministère de l’Education à la Culture.

C’est une belle revanche pour l’ancien porte-parole du secrétariat national du PS et ex-député de la Somme que la défaite en avril 2002 de Lionel Jospin, dont il a été un temps la plume, avait empêché de briguer le parti. Une revanche encore pour celui qui avait choisi, avant de prendre ses distances et de lui disputer leur courant, Ségolène Royal pour la course à l’Elysée en 2007 puis pour celle du PS.
Les 60.000 postes, « un coup de maître »

Une récompense aussi pour l’eurodéputé qui, rapidement après le forfait de Dominique Strauss-Kahn, a soutenu François Hollande -mettant comme les autres en sourdine les critiques passées -et a défendu sans relâche la « priorité » à la jeunesse et l’éducation. Et notamment la proposition de création de 60.000 postes, que Vincent Peillon présente désormais comme « un coup de maître qui a permis de rendre audible le débat sur l’école », quand son annonce en septembre dernier par François Hollande, dans la dernière ligne droite de la primaire socialiste, avait pris de court tout le monde, y compris son conseiller.

« Il y a quelque temps, je n’avais plus plaisir à faire de la politique, que je trouvais bavarde, inutile, stupide », déclarait mi-avril devant quelques journalistes celui qui est pourtant un redoutable manoeuvrier politique. « Là, c’est magnifique car l’éducation est un thème de la campagne. C’est une chance à saisir que de dire qu’elle est une priorité. Préparer la refondation de l’école de la République, que peut-on rêver de mieux ? », ajoutait cet agrégé, docteur en philosophie, spécialiste de Maurice Merleau-Ponty mais aussi d’Edgar Quinet, de Pierre Leroux, l’inventeur du terme « socialisme » ou encore de Ferdinand Buisson, l’artisan de la loi de 1905, « formidable réformateur libéral de l’éducation », « très influent directeur de l’enseignement primaire ». Justement l’une de ses priorités.
Des hommages soigneusement choisis

Ce profil a su séduire dans le monde éducatif au gré des déplacements de campagne et des hommages soigneusement choisis. Vincent Peillon est derrière celui rendu par François Hollande le jour de son discours sur l’éducation au ministre du Front populaire Jean Zay.

Il a aussi commencé à convaincre, épaulé par une équipe d’experts et d’élus, dont Bruno Julliard, cheville ouvrière du projet socialiste pour l’école, au fil du travail plus discret mais tout aussi crucial avec les associations et les syndicats afin de préparer les négociations prévues cet été. Avec d’un côté le Vincent Peillon des réformistes au PS, convaincu que les moyens doivent accompagner des réformes profondes, rassurant avec cette conception « sociale et progressiste » soulignent-ils, les syndicats qui veulent transformer le système éducatif. Et de l’autre l’agrégé, parfaitement au fait des visions les plus élitistes et parfois conservatrices du système, sachant « être à l’écoute, tout en restant ferme », explique un syndicaliste. Ajoutant que si Vincent Peillon a martelé la nécessité de « renouer le dialogue social, il a prévenu qu’il n’y aurait pas de co-gestion. » 
Une loi d’orientation et de programmation de l’école en débat au Parlement à l’automne

Tout en voulant afficher une certaine prudence - « la responsabilité d’un pôle n’engage pas du tout la suite » répétait-il à qui veut l’entendre -, Vincent Peillon a, ces dernières semaines, agi en ministre. Annonçant quelques-unes des mesures d’urgence de la rentrée, mais aussi l’abrogation du décret sur la réforme de l’évaluation des enseignants dès la prise de fonction du nouveau gouvernement ou encore la fin de la collecte nationale des résultats des évaluations des élèves. Des gages envers les enseignants.

A lui, désormais de s’atteler, au-delà de la préparation de la rentrée, aux négociations autour des postes et de la structure du système, du métier d’enseignant, des rythmes scolaires avec une modification de la semaine et le raccourcissement des vacances, de la formation des enseignants etc... pour préparer la loi d’orientation et de programmation de l’école qui devrait arriver au Parlement à l’automne.

Sans nier les difficultés qui ne manqueront pas de surgir en entrant dans le vif du détail, il veut croire, devant les « constats partagés » sur l’école, que « l’état d’esprit a changé » et que « les réformes sont possibles. » 
ISABELLE FICEK
PS :

voir aussi la première intervention du nouveau ministre sur France Inter : http://www.dailymotion.com/video/xqw079_vincent-peillon_news

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