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Reconnaître et définir le métier d'enseignant - [Education et Devenir]
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Reconnaître et bien définir le métier d’enseignant

 

Si aujourd’hui tout le monde est convaincu que le métier d’enseignant est un métier difficile il n’est cependant pas reconnu à sa juste valeur par une large partie de la société.

Métier difficile et pas ordinaire en effet :

« Le professeur participe au service public d’éducation qui s’attache à transmettre les valeurs de la République, notamment l’idéal laïque qui exclut toute discrimination de sexe, de culture ou de religion. Le professeur, fonctionnaire de l’Etat, relève du statut général de la fonction publique et du statut particulier de son corps d’appartenance qui définissent ses droits et obligations. » Circulaire du 23 mai 1997

La définition et la reconnaissance du métier d’enseignant sont au cœur de la refondation de l’école républicaine. Il est aujourd’hui nécessaire de s’entendre sur les termes qui participent de cette définition : statut, missions et compétences ne veulent pas dire la même chose et ne peuvent se superposer voire se contredire.

Le statut

Bien des critiques sont adressées au « statut de 1950 » frappé d’obsolescence et qui réduirait la définition du métier d’enseignant à un nombre d’heures de cours assurées devant élèves. De plus, cette obligation de service est variable selon les corps (agrégés, certifiés, professeurs des écoles, etc.) Cette définition restrictive a pour inconvénient majeur d’offrir une représentation du métier d’enseignant excessivement centrée sur la transmission de connaissances à des groupes classe réputés homogènes. Elle ne correspond plus à l’impératif démocratique de garantir la réussite de tous les élèves, proposé par exemple, par le Socle commun de connaissances et de compétences.

Le statut ne pouvant suffire à définir les nouvelles conditions d’exercice du métier, il ne peut plus être compris que comme le cadre qui garantit le respect d’une obligation de service horaire. De ce point de vue, les statuts des corps des personnels d’enseignement et d’éducation s’intègrent au cadre général du statut de la fonction publique d’Etat.

Sa révision ne constitue pas une priorité. Elle supposerait une concertation approfondie et une négociation majeure avec les organisations représentatives des personnels.

Si les conditions en étaient réunies, cette concertation s’appuierait utilement sur les conclusions de la mission conduite par M. Marcel POCHARD.

Les missions

Une approche pragmatique de l’exercice du métier d’enseignant suppose un travail d’analyse et d’inventaire de ses conditions effectives d’exercice. La réussite de tous les élèves doit constamment être rappelée comme principe organisateur.

Un texte de mai 1997 adressé aux seuls organismes de formation n’a pas bénéficié de l’impact qu’aurait dû avoir un texte plus normatif. Ce texte (malheureusement limité au second degré) n’a pas perdu de sa pertinence et de son actualité. Il constitue encore aujourd’hui une base de travail pertinente.

Il comporte trois dimensions complémentaires :

I - Exercer sa responsabilité au sein du système éducatif

II - Exercer sa responsabilité dans la classe

III - Exercer sa responsabilité dans l’établissement

 

La définition du métier d’enseignant pourrait donc se travailler autour des points suivants :

 

 Enseigner c’est, bien sûr, transmettre des connaissances. C’est souvent l’unique aspect connu du métier. Mais l’essentiel est alors non seulement la transposition didactique, mais le comment faire : on est passé de la transmission magistrale à la pédagogie différenciée puisque chaque élève, chaque futur citoyen est en droit de recevoir une formation (initiale ou continue). Enseigner ce n’est donc pas uniquement transmettre mais c’est aussi accompagner le jeune dans ses apprentissages. Accompagner, c’est « prendre une personne avec soi de manière volontaire ». Cela signifie aller avec quelqu’un, sans autorité hiérarchique affirmée et sans contrainte. C’est l’aider, être avec, c’est « cheminer avec elle » selon Alexandre Lhotellier.

 

 Enseigner c’est aussi savoir organiser le travail dans la classe : car c’est organiser les activités, collectivement entre eux et avec le professeur en rapport avec des compétences mono ou pluri disciplinaires.

 

 Enseigner c’est évaluer, ceci n’est pas sans poser de multiples problèmes car étymologiquement, éthiquement évaluer c’est donner de la valeur, c’est éclairer, alerter, encourager, motiver les élèves. En aucun cas, évaluer ne peut se réduire à sanctionner des erreurs, immoralement taxées de « fautes » : c’est-à-dire se laisser aller à bousculer, à crisper des élèves, à marquer de la nervosité, à déprimer certains au profit de quelques-uns, considérés comme plus performants. Voilà une dimension du métier qui peut sembler aller de soi et qui en fait est extrêmement compliquée et déterminante dans la réussite des élèves. Piaget proposait de donner à chaque personne des chances de réussir pour comprendre et pas seulement de comprendre pour réussir.

 

 Enseigner c’est travailler en équipe non seulement avec les collègues de sa discipline, mais aussi avec l’équipe pédagogique d’une classe, avec l’équipe de la vie scolaire, de direction… puisque l’enseignant exerce son métier au sein de l’établissement. Tout ceci suppose des compétences spécifiques que la formation universitaire académique ne permet pas d’acquérir.

 Enseigner, c’est aussi agir dans un environnement économique, culturel et social, avec au premier plan, les relations de confiance et de reconnaissance mutuelles avec les familles des élèves.

Les compétences, le recrutement et la formation

Considérer que le métier d’enseignant pourrait aujourd’hui se satisfaire de la maîtrise de connaissances académiques et s’appuyer sur des qualités aussi mal définies que le don, le talent ou le charisme relève aujourd’hui d’un égarement coupable.

Nous venons de traverser une période dramatique pendant laquelle le recrutement et la formation des maîtres ont été sacrifiés sur l’autel de l’aveuglement idéologique et d’une recherche inappropriée d’économies budgétaires.

Plusieurs textes ont successivement défini les compétences attendues des enseignants, le dernier en date de juillet 2010. Ces textes sur les compétences des enseignants constituent également une base de travail pertinente pour le recrutement et la formation des maîtres. Ils participent également au travail de définition du métier.

Rappelons les intitulés de ces dix compétences clés :

1 - Maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer

2 - Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable

3 - Maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale

4 - Concevoir et mettre en œuvre son enseignement

5 - Organiser le travail de la classe

6 - Prendre en compte la diversité des élèves

7 - Évaluer les élèves

8 - Maîtriser les technologies de l’information et de la communication

9 - Travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école

10 - Se former et innover

Travailler sur les missions et compétences des enseignants implique un lien étroit avec le recrutement et la formation. Ce qui suppose une approche cohérente entre le ministère de l’éducation nationale, le ministère de l’enseignement supérieur et les universités. Cette cohérence a fait gravement défaut ces dernières années.

Il est donc nécessaire de reposer aujourd’hui les questions suivantes :

 Le master d’enseignement est un master professionnel comme les autres. Il ne se réduit pas à la préparation aux concours. Formation initiale des candidats au concours de recrutement, c’est-à-dire contenu et complémentarité des masters visant l’enseignement mais aussi les autres masters.

 Le niveau pertinent des concours de recrutement : découverte des professions de l’éducation et de l’enseignement (licence) -prérecrutement et bourse pour les étudiants dont les revenus sont modestes – formation en alternance – titularisation.

 Le caractère professionnel des concours de recrutement (connaissances et compétences professionnelles en situation)

 L’organisation d’une formation en alternance incluant une base commune aux métiers de l’éducation de l’enseignement et de l’encadrement (travaux et contenus communs), une initiation à l’analyse des pratiques.

 L’accompagnement des débuts de carrière

La restauration de la formation continue des personnels avec des formateurs formés aux pratiques de la formation d’adultes, à l’accompagnement d’équipes et, plus généralement à l’ingénierie de formation. Une analyse réflexive sur la pratique pédagogique au sein de l’établissement est un élément essentiel de réussite professionnelle. La formation continue gagnerait donc à faire partie de l’obligation professionnelle de tout enseignant.

 

Cette formation continue des personnels a été laissée à l’abandon ces dernières années et à l’initiative très hétérogène des académies et des chefs d’établissement. Une refondation est là aussi nécessaire qui s’appuiera sur les initiatives heureuses des établissements les plus engagés.

L’actualité (arrêt de la cour de cassation annulant les décisions récentes sur la « mastérisation ») nous conduit à suggérer immédiatement quelques points de vigilance en direction des Universités :

- Le poids des masters d’enseignement par rapport aux autres masters concernant l’organisation des stages et plus généralement les calendriers (place du concours),

- L’injonction à prévoir la reconversion des collés vers la recherche.

- La nécessité de prévoir une formation commune aux métiers de l’éducation dès la licence qui permettrait une gestion plus souple des cursus et une meilleure adéquation des maquettes universitaires.

- Une recherche d’interface université/praticiens/structures éducatives en prise directe avec les pratiques dans les établissements qui a été mise hors jeu par la fin de l’INRP et que l’IFE n’a pas encore su restaurer et développer.

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