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Conclusion du rapport de l'inspection générale : Les composantes de l’activité professionnelle des enseignants outre l’enseignement dans les classes - [Education et Devenir]
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Les composantes de l’activité professionnelle des enseignants outre l’enseignement dans les classes

 

Conclusion :

 Au cours de son enquête, la mission a rencontré des professeurs dans leur majorité fortement investis dans leur activité professionnelle même si l’investissement ne garantit pas toujours une pleine efficacité pédagogique. Elle a rencontré des professeurs très diversement impliqués dans la vie des écoles et des établissements mais qui, tous, assument les obligations auxquelles ils sont explicitement tenus.

Alors qu’il est devenu banal d’entendre déplorer la résistance au changement et l’« immobilisme pédagogique » des professeurs, en particulier de ceux du second degré, de nombreux éléments plaident en faveur d’un diagnostic plus nuancé : les professeurs ont porté la massification de la scolarisation depuis les années 1960, ont mis en œuvre la rénovation régulière des voies de formation et des séries, ont appliqué des changements de programmes (à terme de plus en plus court), ont participé à la création de dispositifs multiples (et aux dizaines de milliers d’heures de réunion qui leur ont été consacrées), ont permis l’évolution de la scolarisation des enfants et adolescents en situation de handicap. L’enquête l’atteste : les professeurs tentent de s’adapter, même lorsqu’ils évoquent leurs réserves, voire leur incompréhension, devant certaines réformes, même quand les aides fournies par l’institution (information, formation notamment) sont faibles ou insuffisantes.

Pour autant, malgré l’énergie déployée, l’ensemble des évaluations réalisées, dans l’acception large de ce terme, rend compte de signes inquiétants quant aux acquis des élèves. En outre, d’autres indices sont préoccupants, tel que le manque d’intérêt de nombreux étudiants pour les carrières de l’enseignement. Il existe un malaise diffus chez les professeurs : dans le second degré, ils sont nombreux à s’interroger sur le sens de leur métier et sur le cadre dans lequel ils l’exercent ; de nombreux professeurs des écoles désorientés par les exigences desprogrammes et les missions multiples qui échoient à l’école primaire espèrent une hiérarchisation des attentes qu’ils doivent satisfaire. Des enseignants, jeunes ou expérimentés, s’alarment des conséquences de l’allongement des carrières et doutent de leur capacité à fournir à l’avenir l’énergie qui leur est nécessaire pour tenir aujourd’hui, quand ce n’est pas, pour les plus jeunes, de la pérennité de leur motivation pour le métier dans un monde qui change vite.

Les réponses envisageables pour enclencher une dynamique positive dans cette situation peu favorable sont diverses. Pour que l’activité déployée par les professeurs ne sombre pas dans un activisme vain et acquière plus d’efficacité, il faut améliorer leur formation professionnelle continue, travailler avec eux sur les changements au moment où ils sont requis, assurer un accompagnement pour éviter des orientations hasardeuses. Pour que le métier soit globalement mieux investi, il faut que ses composantes soient clarifiées : les textes statutaires actuels ne définissent pas nettement le « contrat de travail » de l’enseignant, c’est un manque que la mission propose de combler par la création d’un référentiel. Alors, les candidats s’engageraient en connaissance de cause, la formation professionnelle initiale ne pourrait négliger certaines composantes de l’activité professionnelle qui accompagnent et soutiennent l’acte d’enseigner et les chefs d’établissement sauraient mieux ce qu’ils peuvent attendre.

Mais l’élaboration de ce référentiel nécessite un approfondissement de la réflexion sur le métier d’enseignant, et plus largement sur la condition enseignante, qui doit être incluse dans une réflexion plus globale sur l’École : la définition du modèle de professionnels dont le système éducatif a besoin suppose au moins que soient clarifiées les finalités de la formation des élèves pour les paliers significatifs de leur cursus et que soit précisée l’organisation des écoles et des établissements qui devraient disposer de plus d’autonomie, et d’une autonomie qui s’appuie sur la participation des acteurs autour de projets partagés. Une amélioration de la gestion des ressources humaines dans l’éducation nationale et la mise en place d’une réelle formation tout au long de la carrière sont aussi indispensables pour redynamiser la vie professionnelle des enseignants.

Ces réflexions, ces évolutions n’aboutiront pas immédiatement mais il est une chose qui peut intervenir à brève échéance. On l’a dit, les professeurs ne se sentent plus soutenus, voire respectés ; des propos publics les ont meurtris, les réformes nombreuses et rapprochées les désorientent. Ils ont besoin que l’institution exprime publiquement la confiance qu’elle leur fait et qu’elle crée les conditions pour qu’ils travaillent dans la sérénité.

 

Bernard ANDRÉ

Viviane BOUYSSE

Jean-Michel PAGUET

Bertrand PAJOT

Yves PONCELET

Michel RAGE

Xavier SORBE

Inspecteurs généraux de l’éducation nationale

Jocelyne COLLET-SASSERE

Alain DULOT

Alain PERRITAZ

Yvon ROBERT

Christine SZYMANKIEWICZ

Inspecteurs généraux de l’administration

de l’éducation nationale et de la recherche

Anne BARATIN

Chargée de mission à l’inspection générale de

l’administration de l’éducation nationale et de la

recherche

 

  • 2012-070_rapport_227058_metier_enseignant.pdf
  • 24 septembre 2012
  • 602.4 ko / PDF
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