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le document ministériel sur les économies d'emplois - [Education et Devenir]
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Y a-t-il encore une politique d’éducation en France ?

Dans l’édition Le Monde.fr du 31 mai à 17 heures 17 (information reprise ce jour par Liberation.fr), on peut lire un article de Benoît Floch qui analyse un document émanant du ministère de l’Éducation nationale. Ce document visiblement destiné aux services rectoraux est à « la recherche d’efficience ». Après les dégraissages opérés sous la responsabilité du ministère lui-même, comme par exemple les non remplacements de départs à la retraite, il s’agit en fait de reporter sur les académies la responsabilité du sale boulot aimablement désigné comme la recherche de « leviers à la main des académies ». La démarche vise non seulement des personnels enseignants mais aussi les personnels administratifs des EPLE et des rectorats.

La liste des fameux leviers vaut son pesant d’hypocrisie, c’est pourquoi je la cite in extenso :
• Augmentation de la taille des classes :
• relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe
• regroupement des structures
• Réduction du besoin de remplacement :
• réduction du besoin de remplacement
• ouverture du vivier de remplacement
• Baisse de la scolarisation à 2 ans
• Sédentarisation des enseignants « hors la classe » :
• enseignement spécialisé – RASED
• coordination/ animation pédagogique
• personnels affectés à d’autres fonctions
• Intervenants extérieurs/assistants de langue
• Augmentation du nombre d’élève par classe :
• relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe
• Évolution du réseau des établissements
• Réduction du volume des décharges non statutaires
• définir le volume et la nature des activités confortant l’enseignement
• reconnaître l’investissement dans ces activités uniquement en HS
• Optimisation du remplacement :
• réduction des pertes de potentiel
• amélioration du rendement des TZR
• LEGT : rationalisation de l’offre de formation
• Voie professionnelle : rationalisation de la carte des formations
• IDD : état des lieux
•Efficience des fonctions soutien et support en service académique et
en EPLE
Autres leviers
• Les personnels non enseignants des EPLE
•Les personnels des services académiques
•Les leviers de gestion :
•transformation d’heures postes en HSA
•HSE substituées à des HSA

Remarquons au passage, que l’enseignement privé n’est pas (encore) concerné… Il est précisé que les recteurs peuvent aller au delà des marges de gain qui seront définies par la démarche. Celle-ci comporte un certain nombre d’étapes déjà engagées depuis début mai. Elle doit s’achever le 15 juin par « un retour aux académies ».

La conjonction des non remplacements avec la mise en place de la réforme des lycées était déjà maladroite. Mais cette fois, si le document est authentique, il s’agit d’une provocation pure et simple habillée d’un jargon technocratique.

Il faut ajouter à ce paysage déjà rendu sinistre par le bradage de la formation des enseignants et dans le contexte des négociations ( ?) sur les retraites, le fait que les enseignants comme les chercheurs, sont à niveau de formation comparable, nettement plus mal payés que les salariés du privé. Un blog cité par Liberation.fr du même jour, rapporte les conclusions d’une étude l’INSEE datant de 2001.
« …la fonction publique a tendance à mieux payer les employés/ouvriers que le privé et la tendance s’inverse à mesure que l’on s’élève dans les catégories socio-professionnelles. Une étude de l’INSEE de 2001 constatait que le public payait comparativement mieux que le privé pour la province, les femmes et les CSP-. La fonction publique se caractérise aussi par une plus faible progression de la rémunération au cours de la carrière, notamment chez les cadres (ou classe A). Ainsi, pour les moins de 30 ans, un cadre du privé gagne en moyenne 33% de plus qu’un fonctionnaire d’État de classe A. Cet écart atteint 44% entre 50 et 59 ans et 58% après 60 ans.
La conclusion est donc que la fonction publique sait mal rémunérer ses cadres et notamment la grande masse de ceux-ci, les professeurs (notons que le temps de travail vient ici perturber le débat, notamment les vacances scolaires). Elle se caractérise également par un sous-paiement des professions de recherche (situation préoccupante des jeunes docteurs) ou encore des professions hospitalières (infirmières). Or, la santé, la recherche et l’éducation sont des secteurs-clés pour l’avenir. Par ailleurs, l’État valorise mal les progressions de carrière. »
Comment ose-t-on procéder de cette façon cynique ? simplement parce que l’opinion, mal informée et peu sensible aux valeurs du service public, ne soutient plus la fonction publique. Elle ne voit qu’une éventuelle revanche prise sur des personnels considérés traditionnellement comme protégés par leur statut à un moment où la précarité devient la règle dans de nombreux secteurs d’activité sans se rendre compte que l’éducation prépare l’avenir. Passé un certain seuil, la dégradation des conditions de travail a nécessairement un effet sur la qualité du service rendu. Il est vrai que la crispation des enseignants sur la définition de leur temps de travail et les hurlements au loup rituels sur les moyens, n’ont pas contribué à clarifier les problèmes. Mais, la courte vue des mesures qui frappent les services publics, au-delà des questions de justice vis à vis des travailleurs de ces secteurs, obère gravement l’avenir. Si le consensus peut être acquis sur la nécessité d’effectuer des ajustements en raison de l’évolution de la société et des besoins éducatifs, la manière et surtout le contenu des décisions actuelles sont le reflet d’une absence d’analyse et peut-être tout simplement d’une incompétence dans la conduite d’une politique éducative ambitieuse au service d’une démocratie.
Françoise Clerc
Bureau d’Éducation et Devenir

  • économies de postes
  • 1er juin 2010
  • 138.7 ko / PDF
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