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Christian Baudelot et Roger Establet réagissent à PISA 2010 - [Education et Devenir]
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Que pensez-vous des résultats de la France dans « Pisa » 2009 ?

Ils ne sont pas très étonnants : la situation ne s’améliore pas, car rien n’a été fait, les gouvernements ayant mis les (précédentes) enquêtes Pisa sous le tapis. Au contraire, l’Allemagne, le Japon ou la Pologne ont scruté les résultats et pris des mesures en conséquence : la Pologne a supprimé ses filières et favorisé le tronc commun, les résultats ont été immédiats. En Allemagne, le système a été amélioré au niveau « maternelle ».

En France, avant 1995, l’éducation était considérée comme un moyen d’améliorer le capital humain au service de la production : sous de Gaulle, sous Giscard avec la réforme Haby du collège unique, sous Mitterrand avec l’objectif de 80% de bacheliers, il y avait une volonté politique qui donnait un sens collectif à l’action. Mais depuis 1995 et Jacques Chirac, il n’y a pas de cap. Avec Nicolas Sarkozy, pas non plus de cap, sauf les économies budgétaires.

Quel est le problème de la France ?
Le nombre d’enfants en grande difficulté scolaire a augmenté de 15% en 2000 à 20% en 2009, c’est énorme. On est dans un système élitiste depuis toujours qui favorise la sélection et laisse tomber ceux qui ne suivent pas. On est dans une logique "pédagogues contre élitistes", persuadés qu’il faut choisir entre école de masse et école d’élite. Or ce que montre Pisa - et c’est révolutionnaire -, c’est que l’un et l’autre vont de pair : les pays qui ont beaucoup de bons élèves sont aussi ceux qui ont réussi à diminuer l’échec scolaire. Le Japon et la Finlande font des efforts énormes pour ne pas laisser les plus faibles à la traîne. En France, les plus faibles sont aussi pour l’immense majorité des garçons, un phénomène social extrêmement inquiétant, car cela favorise la délinquance, l’asociabilité.

Que préconisez-vous ?
Se donner comme grand objectif politique, sur dix ans, de diminuer la part des enfants en grande difficulté. Pour cela, il faut revoir la philosophie de l’enseignement. Un bon exemple, c’est « La main à la pâte » (opération lancée en primaire par le prix Nobel Georges Charpak) : l’idée est de prendre les enfants comme ils sont et de trouver, par l’expérimentation, des moyens d’apprentissage qui leur conviennent. Ce que montre aussi Pisa, c’est que ce qui marche le mieux, c’est la mixité scolaire à tous les niveaux.

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