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Echos du colloque AFAE : intervention de JM BLANQUER, DGESCO - [Education et Devenir]
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«  Il n’est pas exclu que la maternelle devienne obligatoire » (Jean-Michel Blanquer, colloque AFAE)

« Dans le futur, il n’est pas exclu que la maternelle devienne obligatoire », déclare Jean-Michel Blanquer, Dgesco, lors de la clôture du colloque de l’Association française des Administrateurs de l’Éducation, dimanche 3 avril 2011, à Tours, Indre-et-Loire (1). « Pour ma part, je n’y vois que des avantages, et cela consacrerait ce qui est une réalité pour 99 % des élèves. C’est une idée à suivre, mais il faut en voir toutes les conséquences », renchérit le Dgesco.

Abordant le thème de l’école primaire, Jean-Michel Blanquer évoque « un sujet essentiel. Car ce qui à l’avenir fera la réussite du collège et du lycée sera la réussite du primaire », poursuit le Dgesco. C’est selon lui « au cycle 2 » que se « situe la mère des batailles ». Car les « 15 à 20 % d’élèves pouvant décrocher sont bien souvent les mêmes que les 15 à 20 % connaissant des difficultés à l’entrée du CP ». Évoquant l’expérimentation PARLER (AEF n°145275), mise au point dans les classes de primaire par Michel Zorman à Grenoble, puis étendue à l’échelle de l’académie de Lyon, Jean-Michel Blanquer explique que si « cette expérimentation n’est pas l’alpha et l’oméga de ce que l’on doit faire », elle « illustre le fait que les expérimentations sont au service d’une plus grande efficacité de l’enseignement ».

En outre, selon Jean-Michel Blanquer, « la question des politiques publiques d’éducation doit relever de plus en plus de politiques qui ont prouvé leurs effets. Personne ne détient la vérité et il est important de se baser sur des expérimentations réussies. C’est comme cela que l’on aura les avantages d’une politique nationale ». Jean-Michel Blanquer illustre cette thèse par la présence, au sein de la Dgesco, du département « de la recherche et du développement, de l’innovation et de l’expérimentation » (AEF n°132089).

QUELLE BOUSSOLE AU SYSTÈME ÉDUCATIF ?

Alain Bouvier, ancien recteur, membre du HCE et président de l’AFAE, demande à Jean-Michel Blanquer d’énoncer les éléments qui permettront de « contribuer à redynamiser le système éducatif, à lui redonner une boussole ». Une « boussole » que le Dgesco imagine composée, pour la « première moitié », de « pédagogie et de progressivité » de l’apprentissage, et pour la « seconde », des moyens permettant de « donner un droit à l’éducation pour tous les élèves ».

Jean-Michel Blanquer décrit une école « touchée » tant par une « crise de la tradition » que par une « crise de la modernité ». Il y perçoit « le vecteur d’une évolution et de changements concrets, qui permettent à l’école de trouver son chemin entre tradition et innovation ». Le Dgesco estime ainsi que « des erreurs d’approches pédagogiques ont pu être commises par le passé », notamment celle de « considérer que nous devons transmettre aux enfants le produit des réflexions les plus abouties dans chacun des domaines de la science ». Or, le Dgesco privilégie « un apprentissage progressif, par palier ». « On ne doit pas apprendre à l’élève la destination, mais le chemin », assure-t-il, y voyant l’objectif du socle commun de connaissances et de compétences.

MISE EN ŒUVRE DU SOCLE

À cette « progression » de l’apprentissage, Jean-Michel Blanquer souhaite ajouter la personnalisation de l’enseignement (accompagnement personnalisé en primaire, accompagnement éducatif en collège, aide personnalisée en lycée) ainsi que l’« approche transversale des disciplines ». Trois « perspectives » que « respecte » le socle commun de connaissances et de compétences. Pour autant, ce dernier « ne doit pas se transformer en un nouveau dogme ». Car si tel était le cas, un « risque contre-productif bien réel » apparaîtrait, celui de donner au socle une « mauvaise interprétation », favorisant la transmission d’un « savoir plus léger et évanescent », prévient le Dgesco.

En outre, si le socle représente « une référence pour l’évaluation du système », sa mise en œuvre « suppose un accompagnement extrêmement bien fait. Et cet accompagnement, nous essayons de faire en sorte qu’il se réalise. Nous sommes de ce point de vue au milieu du gué. Cette année, le socle se met en place dans les collèges. Et cela est plus ou moins bien fait. C’est pour cela que bientôt une demi-journée sera banalisée » pour les enseignants, justifie-t-il. Jean-Michel Blanquer attend en outre de cette mise en place une « contagion des bonnes pratiques ». Que « de proche en proche », des « collèges entrés dans le socle commun et qui en ressentent les vertus » créent « des effets d’émulation vis-à-vis des collèges qui n’y sont pas encore rentrés ». Par ailleurs, pour le Dgesco, l’utilisation du livret de compétences ne doit pas être vue « selon un système bureaucratique » (AEF n°147765) mais comme un « stimulus vers un travail d’équipe de conception et d’évaluation ». Ainsi, le socle commun est « l’innovation centrale de cette modernité de la tradition », permettant d’allier « logique de transmission des savoirs aux logiques modernes de transversalité, d’accompagnement personnalisé, de progression » des savoirs.

SUBSTITUER LA CONFIANCE À LA DÉFIANCE

Ainsi, « si la crise de la notion de progrès est une crise des Lumières », « en même temps, le message des Lumières garde une force et doit être assumé. À condition de savoir le renouveler », explique Jean-Michel Blanquer. Les trois thèmes « Liberté, Égalité, Fraternité » sont ainsi « constitutifs » d’une école dans laquelle des « facteurs extérieurs ont un impact décisif sur [les] élèves ». Parmi ces facteurs : le numérique, « ce que les élèves font en dehors de l’école », mais encore les « conditions sociales » des élèves. « Deux illustrations » viennent corroborer ce propos. La première reflétant « le renouvellement du concept de l’éducation prioritaire », via le « projet Clair qui deviendra Éclair dans quelques jours » (AEF n°143593). La seconde, celle des « internats d’excellence » (AEF n°143491), « preuve éclatante que lorsque l’on arrive à maîtriser le paramètre extra scolaire, on parvient à améliorer les résultats scolaires ». Aussi, le fait que les « internats liberté » se démarquent des « pensionnats prison du 19e siècle montre l’actualité des Lumières ».

Enfin, Jean-Michel Blanquer, appelle de ses vœux une « éthique de la confiance », estimant le système éducatif français actuel comme « beaucoup plus fondé sur la défiance que sur la confiance » et soulève « l’importance de la formation des enseignants ». « C’est un enjeu essentiel d’évolution de notre système éducatif que de concentrer nos efforts sur la formation des enseignants », souligne-t-il. « Nous sommes sur un chemin qui peut aboutir à de très belles réussites », affirme le Dgesco, prenant pour exemple « des choses extrêmement intéressantes survenues cette année dans le premier degré », citant « beaucoup d’efforts de formation effectués sur le terrain, compagnonnage », etc. « Mais cela peut aussi ne pas fonctionner si le partenariat entre le monde universitaire et le [système éducatif] n’est pas au rendez-vous ». Évoquant l’élaboration de « masters en alternance » (AEF n°141532), Jean-Michel Blanquer juge qu’« aujourd’hui, l’université n’est que très partiellement adaptée au défi auquel elle est associée », et souligne l’importance de « travailler au contenu » de ces masters « afin que les enseignants soient préparés ».

FORMATION INITIALE DES ENSEIGNANTS

Quant aux critiques énoncées à l’encontre de la masterisation de la formation des enseignants, Jean-Michel Blanquer oppose la métaphore du « plan de vol » pour lequel « il faut savoir d’où l’on vient et où l’on va. Et dans ce débat, on oublie un peu trop d’où l’on vient. Il y a un problème de la formation des enseignants en France, mais ce problème ne date pas d’hier. Vient-on de l’accentuer ou de commencer à y porter remède ? Tel est le débat », estime le Dgesco, qui, s’il concède des « situations à corriger sur le terrain » (AEF n°144003) affirme qu’ « on ne fera pas avancer le système en ne voyant que la moitié du réel ».

Jean-Michel Blanquer souhaite enfin que l’on « attende de la formation initiale ce que l’on doit attendre d’elle » et non « une clé magique » qui « pare les enseignants pour toute leur carrière ».

(1) Ce colloque s’est tenu dans l’enceinte de l’université François-Rabelais de Tours (Indre-et-Loire) du vendredi 1er au dimanche 3 avril 2011. Selon l’association, 250 personnes s’y étaient inscrites. L’édition 2012 aura lieu à Strasbourg.

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