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Education : les propositions des candidats à la primaire socialiste - [Education et Devenir]
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par Maryline Baumard - Le Monde du 5 septembre 2011



lundi 5 septembre 2011

E&D n’appellera pas à voter pour tel ou tel
candidat. En revanche, nous serons très attentifs aux propositions des
candidats et à l’accueil qu’ils feront...aux nôtres !

Education : les propositions des candidats à la primaire PS

Comment réformer un système à bout de souffle sans
effrayer son électorat central, celui des enseignants ? C’est le défi
auquel tous les candidats socialistes à la primaire sont aujourd’hui
confrontés. Chacun le résout à sa façon et cela donne des programmes
divers, même si les rythmes de classe, le statut des enseignants ou les
effectifs enseignants reviennent dans les différentes propositions.

Arnaud Montebourg : une école de 6 à 15 ans

Dans un document de 137 pages, intitulé Mon projet pour
l’école, disponible sur son site, Arnaud Montebourg fait 32 propositions
pour une transformation en profondeur. Des candidats socialistes, c’est
sans doute celui qui a la vision la plus achevée d’un « autre
système ». Comme les autres candidats, il propose de revoir les rythmes
et de passer un nouveau contrat avec les enseignants. Il se différencie
car il propose de recréer les 80 000 postes que la droite a supprimés
depuis 2007.

De quoi assurer le suivi du travail en petits groupes
que le député de Saône-et-Loire souhaite voir largement développé. La
pédagogie est au cœur de son programme. Au point qu’il souhaite mettre
en place dans les établissements un « proviseur pédagogique » en charge
de ces questions. M. Montebourg imagine une école commune qui amènerait
tous les enfants du CP à la fin de la 3e.

Après, il n’y aurait qu’un seul lycée, avec des filières
générales, technologiques ou professionnelles. Une formule pour
permettre les passerelles d’une voie à une autre. Dans l’école
Montebourg, les parents feraient une série de vœux d’établissements qui
seraient acceptés ou non, en fonction de la mixité sociale du collège ou
du lycée choisi. Un équilibre que les établissements privés sous
contrat devraient eux aussi respecter.

Ségolène Royal : deux profs par classe

Un deuxième adulte dans les classes. C’est l’idée force
du programme de Ségolène Royal. Une idée qui ne concerne pas toutes les
classes, mais celles des zones les plus difficiles. Pour y parvenir,
elle propose de rétablir l’année de stage de la formation initiale et
d’envoyer les stagiaires dans les établissements difficiles au côté d’un
autre enseignant. « Formés à la difficulté dès le début, ils seront
ensuite plus à l’aise dans les classes », rappelle la présidente de la
région Poitou-Charente.

Ségolène Royal qui a été ministre déléguée à
l’enseignement scolaire puis à la famille, propose aussi de passer un
« contrat donnant donnant »avec les familles. Pour aider les familles,
elle imagine de développer les internats de proximité, mais aussi de
généraliser le soutien scolaire gratuit. Son projet pour l’école passe
aussi par un lissage des moments de rupture comme le passage entre
l’école et le collège, par une scolarité obligatoire dès 3 ans. Un moyen
d’éviter le nomadisme scolaire de jeunes enfants qui sont pas assidus
en première année de maternelle.

Mme Royal s’engage
aussi à la fin de la destruction des postes d’enseignants et propose
d’ores et déjà un moratoire sur les suppressions déjà annoncées pour
2012. Sur le sujet du temps de travail des enseignants, Ségolène Royal
n’ira pas. En 2007, une video clandestine avait circulé sur le Net où la
candidate prônait 35 heures de présence dans les établissements. En
revanche, elle n’est pas opposée à ouvrir le dossier des « missions ».

Martine Aubry : négocier dès aujourd’hui avec les syndicats

Martine Aubry propose « une refondation de l’école ».
« Je veux construire un parcours scolaire cohérent, adapté à chacun, de
l’école maternelle à l’enseignement supérieur. La scolarité obligatoire,
de 3 à 16 ans, doit amener tous les élèves à la maîtrise d’un socle de
culture commune, intégrant l’enseignement technologique et
professionnel, mais aussi l’ouverture à la culture et aux sports. Je
commencerai par remettre en place une formation professionnelle des
enseignants, avec une entrée progressive dans le métier. J’adapterai les
moyens accordés aux établissements en fonction de la réalité des élèves
et des territoires concernés : moins d’élèves par classe dans certains
établissements en difficulté, plus d’élèves où tout fonctionne bien. Je
reviendrai sur la réforme absurde qui a imposé la semaine des 4 jours à
l’école primaire en mobilisant l’ensemble des partenaires – personnels
de l’éducation, parents, associations d’éducation populaire et
collectivités locales – pour que l’allongement des rythmes éducatifs
profite pleinement au développement des élèves », précise l’ex-première
secrétaire.

Mais le cœur de son projet, et la réelle nouveauté,
c’est que Martine Aubry n’imagine pas un statut des enseignants figé.
« Je négocierai avec les enseignants un nouveau contrat dans lequel je
leur donnerai la capacité d’innover, de travailler collectivement et
d’adapter leur métier aux besoins », déclarait-elle au Monde le 1er
septembre. « Ce qu’il faut, ce qui doit changer, c’est que ce temps de
concertation pour mener des projets, pour accompagner les élèves
individuellement, pour recevoir des parents soit plus clairement défini
et que l’organisation de leur métier réponde à ces objectifs. » Si à ses
yeux une revalorisation doit accompagner ces changements, tout un
bouleversement s’en suit nécessairement. « Les besoins ne sont pas les
mêmes partout et certains ont davantage encore besoin de ce temps de
travail en équipe : dans les zones d’éducation prioritaire, je souhaite
que les enseignants aient moins d’heures devant leurs classes pour
pouvoir s’y consacrer. »

Manuel Valls : élargir la construction des élites

« Notre école reproduit les inégalités. Et parfois, elle
les accentue. On sait que les enfants d’ouvriers ont plus de risque que
les enfants de cadres d’être en échec scolaire. Mais quid de la classe
moyenne ? » Manuel Valls a la réponse à sa question. A ses yeux, « la
classe moyenne est de plus en plus écartée de la construction des
élites ». Et c’est ce qu’il veut changer. « Etre de gauche, c’est
justement se battre pour une école plus juste », ajoute-t-il. Pour y
parvenir, ce fin connaisseur du sujet, qui ne manque jamais une visite
dans une école de sa ville, ni une rencontre avec un enseignant, propose
d’accroître la présence des enseignants dans les établissements, « pour
assurer un meilleur suivi des élèves », de réformer en profondeur les
rythmes scolaires. « Il faut se donner le temps de faire baisser la
pression en allongeant l’année scolaire », ajoute-t-il.

Dans le nouveau contrat qu’il veut passer avec les
enseignants, il souhaite glisser une revalorisation des salaires et de
la formation. Le produit fiscal des heures supplémentaires pourrait à
ses yeux être affecté à l’éducation. Et la formation n’est pas la
dernière de ses préoccupations ; ni la différenciation du métier.
« Enseigner à Neuilly, ce n’est pas enseigner à Evry. Qu’on arrête d’y
envoyer ceux qui ne sont pas prêts », aime-t-il à répéter. Un travail
sur les années charnières comme la classe de 6e
est aussi au menu du maire d’Evry qui dans l’Energie du changement (le
Cherche Midi, juillet 2011), s’attarde sur le sujet. Lui aussi parle
d’autonomie accrue des établissements. Mais sans développer le concept.

François Hollande : revoir les rythmes et repenser le métier

La jeunesse est un des thèmes majeurs pour l’élu
corrézien. Il a été un des premiers à en parler et ce thème intègre la
réforme de l’école. L’ancien premier secrétaire du parti, aborde ce
thème par trois entrées. D’une part, il estime nécessaire une réforme du
temps scolaire. D’autre part, il pense urgent un travail sur les
transitions (le passage de l’école au collège et du lycée au supérieur).
Et pour finir, même s’il trouve le sujet très délicat, il veut regarder
de près le dossier du métier d’enseignant. Interrogé dans Le Monde du 1er
septembre, François Hollande avait estimé ce sujet trop dangereux pour
s’y intéresser d’emblée. Le candidat souhaite pourtant aborder le métier
d’enseignant de manière globale et subtile.

« Il faut mettre à la discussion un sujet qui inclut les
missions des enseignants, certes, mais aussi leur formation, leur
revalorisation. Le temps passé dans l’établissement n’est qu’une partie
du thème et ne doit pas être envisagé seul », précise Vincent Peillon,
qui travaille sur le sujet avec François Hollande. Avant de s’attaquer à
ces trois dossiers, le candidat à la primaire a relevé trois urgences à
régler. « D’abord, il faut mettre fin à l’hémorragie des postes.
Ensuite, il faut trouver une formation rapide à la formation des
enseignants. Et puis, aussi voir comment recommencer à accueillir en
classe des très jeunes enfants », comme le rappelle Vincent Peillon.

Maryline Baumard

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