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Les chiffres qui racontent l’école des candidats socialistes - [Education et Devenir]
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Leur projet sur l’école, ils l’avaient déjà exposé. Pour leur
dernier débat, les candidats à la primaire ouverte ont voulu faire
parler les chiffres. Cela donne tellement l’illusion du dossier
maîtrisé. Pas d’erreur majeure à souligner de ces candidats, qui tous
connaissent bien l’école de par leurs fonctions locales. Mais tout à
décrypter. Car si l’école est le royaume d’un « volapuk ednat », il est
aussi un repère de données chiffrées pas toujours simples à appréhender.
Décryptage.

Rentrée 2012. Quand les candidats parlent d’un
moratoire sur les suppressions de postes, c’est sur les 14 000
suppressions prévues pour la rentrée 2012. Lorsque le nom qui sortira
des urnes en mai 2012 s’installera à l’Elysée, la rentrée aura déjà été
préparée. 5700 postes dans le premier degré et 6700 dans le secondaire
sont programmés par l’actuel gouvernement à disparaître des classes à la
rentrée, selon la loi de finance de 2012 présentée en conseil des
ministres mercredi 28 septembre. Tous les candidats sont sur la ligne
d’un moratoire.

Effectifs dans les classes. Martine Aubry propose
d’augmenter les effectifs dans certaines classes pour les réduire
ailleurs. Aujourd’hui, la moyenne en maternelle est à 27,9 élèves, du CP
au CM2 de 22,5, au collège de 24,3, au lycée général de 31 et en lycée
professionnel de 23,1.Une moyenne qui ne dit pas grand-chose des classes
surchargées dans certaines zones et des sous effectifs ailleurs. Mais
peut-on encore augmenter le nombre d’élèves par classe dans les
établissements de centre ville ? C’est parfois la taille des classes qui
ne l’autorise plus.

Non remplacement d’un enseignant sur deux partant en
retraite. Le 1 sur 2 réalisé entre 2008 et 2012 permet selon une
projection d’économiser, sur 40 ans, 70 M d’euros. Pour Jean-Michel
Baylet, c’est une « tartufferie ».

Le redoublement coûterait 2,5 milliards d’euros,
selon François Hollande. Petite coïncidence, c’est juste ce qu’il lui en
coûterait de remettre 60 000 postes... A la limite près que Martine
Aubry lui a rappelé que si la France faisait effectivement un usage
immodéré de la formule, on ne peut décemment supprimer tous les
redoublements. En fait, les recherches en éducation montrent que ce sont
surtout les redoublements précoces qui sont néfastes.

On arrive à une telle somme parce qu’un seul redoublement en primaire
coût 5700 euros. Or 12,8% des élèves, soit 100 000 enfants chaque année,
entrent en e" data-scaytid="25">6e avec un an de retard. –On ne précise même pas là que
c’est le cas de 20% des garçons d’ouvrier et d’un tiers des garçons
d’inactifs. Les redoublements du primaire se facturent donc 570 millions
d’euros.

A cela s’ajoutent ceux du collège. Ils sont 3,9 % à faire deux classes
de e" data-scaytid="26">6e, 2,3 % à faire deux e" data-scaytid="27">5e , 3,6 % à refaire le e" data-scaytid="28">4e et 4,9 % leur
classe de e" data-scaytid="29">3e. Au total, les redoublements de collège coûtent 800
millions d’euros ! Quant au seul lycée général, 10 % des élèves
redoublent la seconde, 6,5 % la re" data-scaytid="31">1re et 9 % la terminale. A raison de 11
400 euros l’année, cela fait un total de 600 millions d’euros. C’est
ainsi que sans prendre en compte les études professionnelles, le
redoublement coûte déjà deux milliards.

Le financement des 60 000 postes  ? François
Hollande avait déjà fait ses calculs. 2,5 milliards sur cinq ans. On
peut même dire qu’il compte large. D’autant que sur 2012, il n’aura pas
une année pleine, mais quatre mois de salaires à payer. Le bouclier
fiscal limite les rentrées de l’Etat de la même somme que la dépense
occasionnée par le retour des postes d’enseignants. Alors François
Hollande y va de son bon mot : « je suis pour un bouclier scolaire pour
protéger les écoliers ». La politique, c’est aussi ça !

Augmenter les enseignants. Martine Aubry a rappelé
là qu’il serait nécessaire d’augmenter les traitements des enseignants.
100 euros mensuels en plus c’est déjà 85 000 000 euros de plus, soit
plus d’un milliard par an ! A mettre en lien avec un budget de 61
milliards d’euros dont 94 % va au traitement des enseignants.

Et les rythmes ? Manuel Valls a rappelé que les
enfants français travaillent 144 jours par an et qu’il fallait allonger
l’année scolaire. Une option que défendent aussi Martine Aubry et Arnaud
Montebourg.

Et les postes aux concours ? François Hollande a dit que le
nombre de candidats pour un poste était passé de 5 à 2, 5. Ce n’est pas
exact. En fait on est quasiment à un candidat présent par poste en
mathématiques en 2010, si l’on ne s’intéresse pas aux inscrits, mais aux
présents aux concours. Résultat, 40% des postes n’ont même pas été
pourvus dans cette discipline. Plus globalement, c’est un poste sur 5
qui ne trouve pas preneur si l’on regarde tous les postes mis aux Capes
en 2010.

Cette donnée-là remet d’ailleurs en cause la proposition de François
Hollande de recruter 12 000 enseignants de plus par an. Où donc les
trouvera-t-il ? La réforme de leur recrutement à bac +5 a asséché le
vivier.

Maryline Baumard

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