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Rythmes scolaires : Chatel abandonne ! - [Education et Devenir]
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Châtel jette une fois de plus l’éponge ! lamentable

par Claire Leconte, mardi 29 novembre 2011, 10:28

Ça fait mal d’être obligée de dire : « une fois de plus, j’avais raison ! ».

Châtel vient de déclarer qu’il abandonne le dossier des « rythmes scolaires », car il est trop sensible ! Quel courage politique !

En juin 2010, lorsqu’il a mis en place sa fameuse conférence sur les rythmes scolaires (combien cela a-t-il coûté au contribuable ?? peut-on en avoir une idée juste ?), j’avais diffusé un papier que j’avais intitulé « comment surmédiatiser un problème mal posé pour mieux masquer la destruction programmée de l’école publique républicaine », plusieurs personnes à l’époque m’avaient dit que j’étais pessimiste, que là, cette fois, ça irait jusqu’au bout.

Depuis la rentrée, de nombreuses fois on m’a demandé ce que je pensais qu’il serait fait, en fonction du rapport publié par la Conférence en juillet dernier, je n’ai cessé de répondre que pour moi, il n’y aurait aucune prise de décision, qu’au mieux il serait dit : « que chacun fasse comme il le pense » ! Je ne pensais pas avoir raison aussi vite, je me disais qu’il attendrait quand même la campagne de son candidat.

Et bien non, il l’a déjà dit, et on renvoie les écoles à leurs difficultés grandissantes, les enseignants à leur mal de vivre (et d’enseigner), les enfants à leur manque de plaisir d’apprendre. Tout va de plus en plus mal depuis 2008, mais les responsables de cette situation s’en lavent les mains.

Ou ils ont tellement peur de perdre les prochaines élections qu’ils se contentent de refiler le bébé au suivant, ou pour s’assurer de gagner ils ont décidé une fois de plus de ne pas se mettre à dos les électeurs qui leur restent. C’est pitoyable, indigne d’un ministre de l’éducation nationale qui prétend défendre l’école publique.

Car comme je l’ai sans cesse expliqué, ce dossier ne concerne pas qu’une question d’emploi du temps, n’implique pas de se demander uniquement si on va faire classe le mercredi matin ou pas ; si le problème est bien posé, (ce qui, de fait, n’a pas été le cas), ce dossier touche une réflexion profonde sur notre école, son fonctionnement, son ouverture sur la cité, sa capacité à répondre à une attente forte d’une école qui ne se contente pas d’instruire les élèves, mais aussi de leur transmettre des compétences et des valeurs, de contribuer à leur éducation de citoyen de demain et à leur insertion sociale et professionnelle, de leur faire découvrir toutes les potentialités qui sont les leurs et qui leur permettront de faire des choix d’orientation conformes aux ambitions qu’ils pourront développer. Ce dossier, s’il est sérieusement ouvert, autorise un dialogue constructif avec toute la communauté éducative, permet d’impliquer autrement qu’en les sanctionnant les parents d’élèves, de mobiliser efficacement tous les élus locaux.

Finalement je me dis que c’est sans doute que le ministre a enfin perçu qu’il ne s’agissait pas que de se demander si on allait rallonger l’année scolaire, ou réduire la journée de classe, ou …, mais qu’il s’agit bien là d’un projet de société, impliquant un courage politique que visiblement il n’a pas, qui nécessite qu’on s’intéresse à l’école de la République pour ce qu’elle doit être et non pas chercher à trouver encore et encore les économies qu’on peut faire sur son dos.

J’ai publié en mai 2011 un ouvrage intitulé : « des rythmes de vie aux rythmes scolaires : quelle histoire ! », dans lequel j’explique de façon détaillée comment un tel projet peut se construire, je ne peux qu’espérer que le candidat le mieux placé à gauche pour la présidentielle saura utiliser le plus efficacement possible ces propositions. Il en va du sauvetage de l’école publique, laïque, républicaine, ouverte à tous et tenant compte des possibilités de chacun, à laquelle, je l’espère, nous sommes encore nombreux à être attachés.

Ne baissons pas les bras, c’est par l’école que la société peut évoluer, en éduquant et en instruisant tous les enfants pour qu’ils puissent participer eux aussi aux débats qui concernent ce que sera leur avenir. J’y crois encore, mais il faut qu’on soit nombreux à y croire pour que cela devienne réalité. 


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