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Une école en peine - Marie Claude CORTIAL - [Education et Devenir]
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Condorcet pensait que l’école commune constituait un plancher pour les futurs citoyens. Comment éviter qu’elle ne devienne un plafond pour certains ? C’est ce à quoi tente de répondre l’association Éducation et Devenir, qui nous rappelle les enjeux fondamentaux autour de l’école commune et de la scolarité obligatoire.
Le bilan actuel est accablant : notre école réussit bien pour 50 % seulement de nos élèves. L’école a réussi sa massification, mais l’enjeu démocratique que cette dernière contenait n’a pas été atteint. Si l’école primaire réussit tant bien que mal à donner des bases aux enfants de ce pays, le collège lui, est pris dans un étau : donner un enseignement à tous les élèves en opérant dans le même temps la sélection pour le lycée. Au primaire, la dégradation continue a également fait son œuvre : 1 professeur des écoles pour 25 élèves en moyenne, le CP vécu par les parents comme une véritable classe prépa…
Quant à la mise en place du socle commun de connaissances et de compétences, elle se fait sans formation des maîtres, noyés sous les injonctions et évaluations de toutes sortes. Il est temps de réaffirmer une volonté politique de promouvoir une école démocratique qui donne les mêmes droits à tous les élèves de 3 à 16 ans. Une volonté politique qui tienne compte des acteurs de terrain : enseignants, parents, collectivités territoriales
et associations d’éducation populaire qui peuvent, ensemble, réaliser l’école commune.
Concernant les rythmes scolaires, nos enfants passent en moyenne 40 à 50 heures par semaine dans un lieu éducatif autre que celui de la famille, accueil hors l’école compris, d’où une nécessaire adaptation des politiques éducatives. L’école primaire doit également devenir la priorité absolue.
L’école maternelle surtout : les enfants doivent y avoir accès dès 3 ans ou plus tôt dans les familles fragilisées ou défavorisées car la scolarisation précoce est un facteur déterminant de socialisation, et la maternelle, le lieu privilégié de la découverte de soi, des autres, et de l’apprentissage du langage.
Or, on l’a transformée en antichambre de l’école élémentaire.
Le socle commun de connaissances et de compétences doit aussi être pensé de façon à devenir la base de l’enseignement primaire comme secondaire. Il doit permettre aux programmes de l’école et du collège de régler leur diapason, et de prévoir pratiques pédagogiques harmonisées et
budgets communs. La continuité éducative, le langage commun donneront du sens aux apprentissages des enfants. La réorganisation du collège unique pensée sous cet angle demandera une partie de formation commune aux enseignants des deux degrés, mais aussi à tous les acteurs éducatifs,
dans plusieurs champs : scientifique, didactique, sciences de l’éducation, en alternance avec des périodes de stage. Les missions des enseignants ont aussi évolué : le travail en équipe, la fonction de conseil auprès des élèves, l’accompagnement, l’aide à l’orientation font désormais partie du métier. Ces fonctions doivent être reconnues et faire partie de leur temps de travail pour permettre aux professeurs leur exercice serein.
L’école, reflet de la société L’enjeu est donc de taille et le choix d’une école fondamentale engage notre avenir commun sur un choix entre deux sociétés : l’une basée sur la compétition et l’inégalité, et donc purement individualiste,
l’autre composée d’individus autonomes, solidaires et respectueux les uns des autres.
À nous de faire le bon choix.
●●
Marie-Claude Cortial,
présidente d’Éducation et Devenir


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